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Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

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De Woodstock'69 au WEBB en Église

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Nous terminons la semaine sainte. Les différentes cérémonies m’ont empêché de publier mes réflexions de cette semaine particulière. Tant d’événements ont fait la manchette que je ne sais plus par quel bout commencer.

L’entrevue du nouvel archevêque de Montréal, Mgr Christian Lépine attire mon attention, comme cela a été le cas de plusieurs blogueurs suite à son passage à la célèbre émission Tout le monde en parle. Je suis de ceux qui croient cette sortie manquée. Ce n’est pas la plat-de-forme qu’il aurait dû prendre pour se faire connaître. Monseigneur Lépine est un intellectuel réfléchi. Il est le personnage désigné pour une entrevue avec des journalistes aguerris capables de mener des entrevues constructives et instructives. Malheureusement, Guy A Lepage et Dany Turcotte ne sont pas des journalistes mais des animateurs à sensations fortes. Le passage de Mgr Lépine a encore une fois divisé les téléspectateurs. Mais il faut dire que les animateurs de cette de variétés n'ont pas la mission de rassembler les idées divergentes.

Vatican II s’est voulu une porte ouverte sur le monde pour intégrer des fibres nouvelles issues des découvertes scientifiques qui ont marqué le XXe siècle. Ce faisant, les pères conciliaires aspiraient introduire dans la nouvelle manière d’être de l’Église des baptisés de souches convaincus et aussi convaincants. Malheureusement, le syndrome de Woodstock’69 a été sous-estimé. Il semble que les chrétiens aient plutôt cru au pouvoir des fleurs (Flower Power) qu’au dynamisme de leur baptême marqué d'un événement historique.Vatican II a donné l’occasion à ses baptisés d’entrer au cœur de leur baptême pour puiser aux sources vives de la résurrection du Christ. Ces nouvelles formes d’évangélisation devraient nous montrer un Jésus historique aux couleurs harmonisées à notre époque. Jésus est vivant, aime-t-on crier sur tous les toits. Mais d’où vient-il ce nouveau Jésus propulsé sur tous les réseaux sociaux?  Cette semaine, j’ai reçu plus de chaînes de prière à ner pas briser sur mon ordinateur que j’ai dit de prière à l’Église. Et c’est pourtant la semaine sainte, la semaine où la prière devait être le centre de nos activités religieuses!

Le Jésus qu’on nous présente sur les différentes pages WEBB me semble s’inspirer de l’esprit de Woodstock’69 qu'on a sacralisé et non des Évangiles qui orientent ma prière et mon espérance. Le Jésus en qui j’ai mis ma foi est Celui qui, par sa croix donne un sens à mes épreuves et qui, par sa résurrection nourrit mon espérance au-delà de mes misères. Comment puis-je annoncer la vie nouvelle de Celui qui m’habite si je renie mes propres morts dans la sienne vécue sur la croix et le rejet du monde? Ce faisant, je crois aussi en cette Église qui me garde dans cet esprit du Ressuscité. Je ne crois pas en ces supposés dimanches de pâque qui ne soient pas passés par un vendredi saint.

Le WEBB électronique qui surenchère mon écran d’ordinateur ressemble à ces toiles d’araignées que je contemplais dans mon enfance. On tend à me faire accroire que le bonheur est de l' extérieur à soi, telle une toile qui prend ses appuis à différents ancrages. La partie la plus fragile de la toile se situe en son centre. Une telle toile se déchire toujours du milieu et ce, malgré ses appuis extérieurs. Tel est aussi l’esprit de Woodstock’69. C’est ce que je constate avec les manifestations étudiantes dont on parle depuis plusieurs semaines. Le gouvernement québécois devient aussi anathème pour sa population étudiante que le Vatican pour ses baptisés occidentaux.  Pourtant, j’y vois un effort commun entre le gouvernement québécois envers ses étudiants que le Vatican envers ses sujets catholiques. Sauf que, dans un camp comme dans l’autre, on veut occuper la place avec des éléments extérieurs dont l’appartenance à sa foi n’a pas été justifiée.

Le pouvoir des fleurs qui s’est inspiré de Woodstock’69 demeure encore dans la mémoire collective du peuple en marche. Une nuance toutefois, seules les fleurs artificielles résistent aux intempéries de l’hiver et aux épreuves de la vie. Les fleurs naturelles demeurent une végétation fragile et elles ne durent que pour une saison. Si l’esprit de Woodstock’69 influence encore le présent, ce n’est pas à cause de la vie qu’il permet mais bien l’illusion qui perdure au-delà des années où tout était permis d’espérer. Les étudiants d’aujourd’hui portent encore l’esprit libertin de ceux qui ont étudié à l’époque de ce week-end débridé qui taquine encore l’esprit de liberté d’aujourd’hui. Sauf que rien n’est gratuit aujourd’hui. Surtout en ce qui concerne l’instruction.

J’acquiesce aux balises que Rome propose comme cheminement de foi pour aujourd’hui. C’est un encadrement dans lequel je suis prêt à exposer la toile de ma foi. En autant que celle-ci ne se brise pas de l’intérieur. Mais en fait, en qui ai-je mis ma foi? Avec quoi puis-je nourrir mon espréance?

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