Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
La «colère de Dieu» est dans le vocabulaire de ceux qui ne connaissent pas l’amour de Dieu, tel que révélé par Jésus. C’est en ce sens qu’il faut comprendre le livre de Sophonie (2,3; 3,12-13) de ce 4e dimanche du temps ordinaire. Dieu fait des choix déconcertants pour confondre les grands de ce monde, c’est du moins ce que dit saint Paul aux Corinthiens (1,26-31). L’Évangile, pour sa part, nous propose les Béatitudes de saint Matthieu.
Il ne fait pas de doute que les médias imposent des nouvelles qui scandalisent et suscitent la colère humaine. Quand on apprend qu’un père a assassiné son fils de 4 ans pour ensuite retourner l’arme contre lui-même, qu’une enfant de 18 mois est dans un état végétatif pour la vie à cause d’une maltraitance de ses parents alors qu’ailleurs, des parents offrent des photos de leur enfant pour de la pornographie juvénile, on est en droit de se demander ce que Dieu fera de toutes ces situations perfides! La psychologie peut expliquer certains cas, mais elle ne justifie pas une telle médiocrité dans les valeurs ici présentées. Si je tente de parler de «la colère de Dieu» c’est peut-être pour exprimer à Dieu ma propre colère pour de telles situations. Où donc est Dieu?!?!
C’est avec cette question de fond que j’accepte de lire les Béatitudes de Matthieu. Y a-t-il quelque chose de plus vulnérable que l’innocence d’un enfant? Devant de telles situations, si je peux ma pauvreté de cœur, le Royaume des cieux est à moi et à ceux qui me ressemblent. Si j’accepte de ne pas m’endurcir malgré ma vive tentation en réaction à la maltraitance à ces vulnérables de la vie, il y a une terre promise pour moi. Si ces situations engendrent en moi une soif et une faim pour de la justice, je pourrais être rassasié. Si cela m’aide à comprendre la misère du cœur des humains, cela me donnera de la miséricorde. Si, malgré ces situations pénibles, je maintiens un cœur pur, je risque de voir Dieu! Ces situations d’injustice extrême engendrent-elles en moi un artisan de paix? On pourra m’appelé fils de Dieu. Si je me sens persécuté pour une justice en faveur des plus petits en ce monde, le Royaume des cieux est à moi!
Il ne s’agit pas ici de se réfugier dans une foi évasive ou dans une religion élusive. Nous n’avons pas eu le dernier mot sur la vie, nous ne vivons pas par choix. Nous n’aurons pas le dernier mot sur la mort, personne ne peut prédire quand et de quelle manière il mourra. Et entre la vie et la mort, nous sommes néanmoins responsables des valeurs à véhiculer. Les conséquences sont inévitables. Pourquoi ne pas en faire une récompense pour l’éternité?