Quelqu'un m'a demandé si j'avais regardé le film "Aurore" qui est passé à la télé hier soir. C'est un 'remake' du classique "Aurore l'enfant martyre" des années cinquante environ. Je ne l'ai pas regardé à cause de la publicité. En effet, on y entendait "Il n'y pas pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre, plus aveugle que celui qui ne veut pas voir, plus muet que celui qui ne veut pas parler..."
Je questionne le sens premier des "remakes". Dans le dictionnaire, on dit que ce mot est un anglicisme utilisé pour la première fois en 1946 et qu'il signifie Film reproduisant, avec de nouveaux acteurs, la première version d'un film à succès. Le remake permet de rehausser la valeur esthétique d'un film ancien grâce aux nouvelles technologies. Mais y a-t-il moyen de mettre en évidence le martyre de certains jeunes d'aujourd'hui? La punition dont certains souffrent est moins évidente que les assauts physiques et psychologiques de la traditionnelle "Aurore, l'enfant martyre." C'est plus sournois comme châtiment. C'est souvent dans la solitude d'un ordinateur avec des ami(e)s virtuels ou un jeu vidéo que les jeunes souffrent d'isolement. Ils apprennent le langage informatique sans trop comprendre le discours humain qui engendre les sentiments affectifs issus des rapports humains. Combien faut-il de remake pour saisir qu'il y a des réalités qui n'ont pas à être reproduites car elles se continuent sous une autre forme?