Je viens de terminer l'autobiographie de Franco Zeffirelli au moment où nous avons célébré cette semaine la fête liturgique de François d'Assise. Celui qui assurait le décor et la mise en scène en réalisant le film François, le chemin du Soleil met en évidence le danger de confondre les époques afin de retrouver la sève première de nos aspirations profondes. En voulant fusionner les tendances sociales que l'on reconnaît aux années 60 et 70 avec l'histoire de cet homme médiéval, ce film a connu un fiasco au box office. Il n'a pas donné les recettes espérées même s'il est devenu très populaire chez les adeptes en quête d'une spiritualité simple qui est aussi à la portée de tous.
En plus de confondre les éléments historiques, on ne peut pas généraliser une quête spirituelle personnelle en la déclarant une recherche collective, comme nous ne pouvons pas généraliser le dynamisme local de l'Église de Dieu en demandant au pape de le promulguer à l'ensemble de l'univers. Le respect des dynamismes locaux des Églises particulières commence par la reconnaissance des différences de base, différences dans le temps et selon les ethnies des peuples en cause. Mes croyances nord-américaines peuvent être des compléments aux croyances européennes en autant qu'on ne tente pas de les comparer.
François, qui est Dieu? est une question pouvant à la fois s'avérer un piège pour la foi comme elle peut aussi être une source de révélation. L'histoire qui a marqué la vie de François d'Assise ne peut se comparer à mon histoire personnelle ou à celle associée à la quête collective de mon peuple qui pourtant recherche aussi un sens à sa vie. La question est de tous les temps. Nous n'avons qu'à changer le prénom et ainsi questionner tous les grands de ce monde et ce, peu importe l'époque et le lieu des événements qui ont pourtant marqué l'histoire des peuples. L'un de mes professeurs de l'Université de Moncton avait publié sa thèse de doctorat sous le titre Augustin, qui est Jésus-Christ? Je me souviens avoir vu ce livre à la bibliothèque scolaire de mon école. La question m'avait fait sursauté. Peu importe qui est Jésus-Christ pour Augustin, c'est ce qu'il est pour moi qui compte. Le réflexe s'adapte aussi pour François. Peu importe qui est Dieu pour ce grand d'Assise, c'est ce qu'Il est pour moi qui compte.
Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi, fils de la terre. L'amour serait-il son nom et son visage? nous dit une hymne du bréviaire. La réponse changera le monde si nous la laissons changer notre vie. Peu importe ce qu'en ont penser les François et les Augustin du monde, vous, qu'en pensez-vous? J'ai ma réponse et elle touche les cordes sensibles de mon être. Est-ce suffisant pour changer le monde? Probablement pas. Mais elle est assez puissante pour changer ma perception de ce monde en ajustant ma vie et la quête de Dieu qui l'anime.