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Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

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Diviser pour diviniser

0093gx3b.jpgLire Jérémie (38, 4-6. 8-10) et l'Évangile de Luc (12,49-53)
Cette photo a été prise lors de l'effondrement du pont aux États-Unis. Les gens sont consternés car le spectacle est trop fort pour que les paroles aient un sens. Les morts sont nombreux et les dégâts considérables. Ces regards me rappellent les mots de Jésus en ce 20e dimanche du temps ordinaire. "Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde? Non, je vous le dis, mais plutôt la division." Avoir été à la place des disciples, n'aurions-nous pas eu la même expression au visage que ces deux dames de la photo?

Cette parole de Jésus doit être mise en parallèle avec la lecture du livre de Jérémie. "Pendant le siège de Jérusalem, les chefs qui tenaient Jérémie en prison dirent au roi Sédécias: 'Que cet homme soit mis à mort; en parlant comme il le fait, il démoralise tout ce qui reste de combattants dans la ville, et toute la population. Ce n'est pas le bonheur du peuple qu'il cherche, mais son malheur.' Le roi répondit: 'Il est déjà entre vos mains, et le roi ne peut rien contre vous!'" On se souviendra alors qu'ils ont glissé Jérémie dans la citerne du prince Melkias, dans la cour de la prison. "On le descendit avec des cordes. Dans cette citerne, il n'y avait pas d'eau, mais de la boue, et Jérémie s'enfonça dans la boue."

Pourquoi insister qu'il n'y avait pas d'eau mais de la boue? Quelle différence y a-t-il entre mourir noyé ou étouffé? Le texte est plein de symboles intéressants et adaptables à la vie d'aujourd'hui. Jérémie est le symbole de la vérité alors que les chefs qui maintiennent la ville en état de siège représentent la raison. Les cordes représentent les arguments avec lesquels on a condamné Jérémie. La citerne représente le bien fondé apparent des arguments. Sauf qu'il n'y a pas d'eau, les arguments ne sont pas au service de la vie. Combien de fois nous nous enlisons dans des arguments sans fondement, juste pour le plaisir d'avoir raison sur les autres?

La photo représente bien la consternation devant la vérité. Peut-on toujours faire confiance aux architectes des idées courantes? Ils paraissent pourtant avoir raison, ce sont eux les experts qui ont étudié la matière. La vérité est comme ce ballon de plage que l'on tente de cacher au fond de la piscine. Cela prend un bon souffle pour le descendre et un meilleur souffle encore pour le garder hors de la vue. Puis, le souffle manque et, comme le ballon, la vérité revient avec force là où on n'y croyait plus.

Le feu que Jésus veut allumer est la force de la vérité par rapport aux raisons populaires qui envahissent le monde de la pensée intellectuelle. Le feu réchauffe les coeurs qui ne croient plus en l'Amour, éclaire ce que l'on voudrait garder cacher et guide dans la nuit des sens. Il faut accepter sa maladie afin d'en guérir. Mais la maladie divise et fait mal. L'humilité qu'elle requiert crée les liens comme les ponts rejoignent les rives opposées de la rivière. Certains arguments exposent tellement bien la raison des idées qu'ils en font oublier que nous sommes à côté de la Vérité. C'est le feu que Jésus veut partager avec nous.
Qu'il ne réchauffe pas trop, car on pourrait changer sa manière d'aimer, qu'il n'éclaire pas trop, car on pourrait modifier notre manière de penser et qu'il ne guide pas trop car on pourrait se rendre là où on ne veut pas aller.
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