Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Depuis deux semaines, la planète est au chevet d’Haïti. Un pays bien petit et surexploité, probablement depuis qu’il existe. Pour certains, il est difficile de croire qu’il partage la même île que la République Dominicaine. Les grands pays amis d’Haïti se sont réunis à Montréal pour discuter la reconstruction du pays. Soixante pourcent de son produit intérieur brut ont été anéantis en trente secondes. C’est dire la fragilité des faibles.
Les influences politiques et économiques ont bien de la misère à faire preuve d’une véritable compassion désintéressée. La corruption dans le gouvernement haïtien est reconnue. Mais jusqu’où le peuple doit-il en payer le prix? Les pays amis se reverront à New-York au mois de mars. Mais demain, qui s’occupera d’eux? Quand Radio-Canada et CNN n’y seront plus pour nous rapporter des images vives, qui se souviendra d’eux?
Je suis touché que des médecins canadiens, surtout québécois selon le reportage, ont quitté leur poste bien rémunéré en sol canadien pour faire preuve de courage bénévolement. Leur manière de concevoir la pratique de la médecine a beaucoup changé. Ils perçoivent le sourire gratuit et le regard reconnaissant de ceux qu’ils aident. Ces médecins sont probablement surpris de ne pas se faire critiquer parce que le patient a attendu quelques heures dans une salle d’attente moderne, à lire des revus récents ou regarder la télé couleur pour «tuer» le temps. Non, ces médecins sont devant des patients qui ont attendu deux semaines, à la belle étoile, sans eau ni nourriture. Ils sont néanmoins reconnaissants d’avoir la vie sauve et ce, même si cela leur a coûté l’amputation d’un bras ou d’une jambe.
Haïti est un tout petit pays. Mais il est loin d’être minable car il est grand dans sa manière d’enseigner, avec les mots du bord, le sens premier de la vrai compassion.