Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Les gens qui me connaissent savent que je suis de ces prêtres qui racontent des histoires drôles aux homélies des messes dominicales. Lors des deux messes du 24 décembre dernier, j’ai fait rire l’assemblée à trois occasions. Selon des témoignages reçus, cela a contribué à la joie des fêtes de plusieurs. Et pourtant, le message de l’homélie était profond et les «jokes» comiques encadraient très bien le message. Je n’ai pas inventé cet humour en Église. C’est assez habituel chez les prêtres irlandais de mon lieu d’origine. Cette manière de faire repose sur une conviction profonde. Si c’est vrai que l’Eucharistie est l’antichambre du ciel, le message non verbal est clair par rapport à ce que l’on constate souvent lors de nos célébrations dominicales : «Faisons-nous du «fun» avant de mourir parce qu’après, c’est sérieux!»
Dans ce contexte, un ami de longue date m’a donné un livret d’histoires comiques qu’il a glanées dans sa jeunesse. J’avais perdu ce livret lors de mes nombreux déménagements. Je suis tombé dessus par accident dernièrement. Je me suis donné la peine de le lire. Ouf! S’il fallait que j’en conte quelques-unes de ce que j’ai lues à l’église, je me ferais traiter de raciste et de sexiste à en perdre ma juridiction de pasteur. C’est dire à quel point le rire est lié à l’époque. À une émission sur la chaîne ARTV, l’humoriste de renom Yvon Deschamps a expliqué à son hôte le contexte dans lequel chaque monologue a été écrit. De toute évidence, ce qui faisait rire dans les années 1970 ne peut plus tenir la route.
Le temps passe et il emporte avec lui une manière de faire typique de son époque. Si nous faisions l'historique de l’humour, il nous serait possible de trouver la définition très répandue et qui en fait craindre plusieurs, celle du «has been.»