| De la fenêtre du restaurant où je prenais mon petit déjeuner, je regardais le paysage. Très différent de ce que mes yeux s'étaient habitués à voir dans mon petit village. Les vagues des montagnes de ce matin ne bougeaient pas. Fixées en permanence, elles étaient ornées d'une couleur verte attirant de par ses nuances. En y faisant attention, quelques couleurs jaunes prenaient des teintes vert pâle auprès de certains verts reliés à la forêt. Les montagnes de nos vies sont incontournables. Il y a aura toujours des enfants maltraités, des femmes battues, des chicanes de famille. Et que sais-je? Une recherche de pouvoir chez les plus forts se fera toujours au détriment des plus faibles. L'Évangile nous appelle tous à protéger ces derniers et le gros bon sens social exigera toujours un combat pour lutter contre de telles situations sociales. Il y a de ces situations qui ne se justifient pas. On ne peut pas approuver la souffrance sous prétexte que les personnes qui font souffrir ne savent pas. Il faut qu'ils apprennent. Toujours de la fenêtre du restaurant, je voyais comme un grand tablier entre le terrain de stationnement et l'autoroute au loin. Cette route ressemblait à une bordure dans un tricot comme pour marquer une limite, une différence. On pourrait convertir ce tablier en terrain de jeux pour tous. La douceur de ce vert parterre saurait faire un gazon pour nos douceurs de vivre ensemble comme dans un pique-nique familial. Quant à la montagne qui tapisse l'arrière-scène du décor, l'œil peut se régaler d'un tel regard. Mais mon cœur n'est pas assez alpiniste pour s'y aventurer sans m'essouffler. Il y a de ces situations d'impuissance qu'il faut apprivoiser. J'accepte mon impuissance sans pour autant approuver ce qui fait mal. Devant la souffrance, il me faut me regarder agir ou réagir. Qu'est-ce que je vais faire pour y contribuer? Un ancien maire de Montréal avait déjà dit que si tous les citoyens nettoyaient sa devanture de maison, la ville serait propre. Il en va de même pour la souffrance dans le monde. La vigoureuse honnêteté commence avec soi-même. Daniel LeClair |