Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
J’étais en congé du 25 au 30 décembre. Je me suis entendu avec le cadet de mes frères pour le visiter en ce temps de réjouissance. L’accueil de mon frère et de sa petite famille a été exemplaire. On a tout fait pour me faire sentir chez moi alors que j’étais chez eux. Mais le temps des fêtes a quelque chose de nostalgique. C’est probablement ce qui en fait aussi quelque chose de spéciale et d’unique.
Je ne sais pas si c’est à cause des visites que j’ai faites dans les familles en difficulté pendant l’Avent, mais je pense que je vais m’y prendre autrement l’année prochaine. Je réalisais cela durant mon retour. J’avais hâte d’être dans mon milieu. Durant le temps des fêtes, nous les prêtres, on se donne à 110%. Mes célébrations du 24 décembre ont été appréciées dans les trois paroisses où j’ai célébré la nativité.
Il faut accepter que le temps des fêtes soit particulier. Il y a une forme de nostalgie qui s’installe malgré notre bon vouloir. Cela nous plonge malgré soi dans des souvenirs de son enfance. Je repense souvent à ce Noël 1965 où mes grands-parents et des amis étaient venus fêter Noël chez nous à Selwood. On venait d’aménager dans cette grande maison où il y avait de la place pour tous. Cela ressemblait à cette émission spéciale de Le temps d’une paix qui avait fait une émission spéciale de Noël dans les années 80. On dirait que la nostalgie est incontournable tant les chaînes de télévision aiment nourrir de vieux souvenirs dont les événements ne reviendront plus. Je revois ce voisin qui s’était acheté le premier ski-doo dans la région. Les plus vieux en avaient fait dans l’après-midi. Était-ce les années de la grande innocence? Je n’en sais rien. Il n’en reste pas moins que ce sont les souvenirs que j’aime caresser.
Le temps des fêtes représente une période difficile pour beaucoup de familles. L’unité dans les liens familiaux n’est pas toujours une évidence. Il faut accepter que le temps évolue et que les choses changent. J’en suis rendu à ce constat. Si Noël sera toujours un moment nostalgique pour moi, il est néanmoins une période des prises de conscience profondes. Et pour moi, un missionnaire n’est rien sans sa mission. C’est ce que je suis à vivre dans cette belle région du Québec.
De retour dans la région, je prends quand même le temps d’atterrir. Mon cœur trouve sa joie dans les choix que j’ai faits pour mon avenir. Je réalise à quel point je suis heureux dans ce coin de pays qu’on appelle le Saguenay. En ce sens, c’est Noël à tous les jours parce que justement on est heureux avec les brindilles de bonheur que l’on sème autour de soi. Je suis fier de la manière que la famille de mon frère évolue. Là aussi les choses changent et c’est tant mieux! La vie mérite d’être vécue jusqu’au bout et ce, peu importe les aventures qu’elle entraîne.
Le temps passe et c’est très bien ainsi. Les changements engendrent des souvenirs qui se font parfois nostalgiques. Ce n’est pas mauvais en soi. De tels souvenirs devraient nous aider à apprécier le présent. C’est ce que je tente de faire avec la sagesse que donne le temps des souvenirs heureux.