Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
J’ai eu une discussion constructive avec un bon ami récemment. Le sujet portait sur l’onde de chocs autour «du cas Guy Turcotte» . Les médias tentent encore d’y extraire les dernières gouttes aides qui polluent notre quotidien. J’apprécie l’honnêteté de cet homme qui admet que son opinion est basée sur ce qu’il a lu dans les médias écrits.
Ma réflexion porte sur les médias et le bordel qu’ils sèment dans la société et ce, au nom du droit à l’information. C'est nous, les citoyens, qui avons droit à l'information. Eux, les médias, ont le devoir de nous informer. Est-ce le cas? Il me parait évident qu'ils ont aujourd’hui une autorité sur la pensée collective qui surpasse toutes les influences que l’Église catholique n'a jamais eu sur son Peuple dans le passé. L’ancien membre des Cyniques des années 60, Serge Grenier, a dit lors d’une entrevue télévisée : «Si on n’était pas allé si loin, on aurait peut-être encore des curés!» Ce n’est pas peu dire. Je ne doute pas que cela ait eu une influence. On devient très sérieux quand on perd le sens de l’humour. Je pense qu’on a redit les blagues des cyniques à une époque où le sérieux n'avait plus le goût de rire. C’est alors qu’une farce à faire rire est devenue une vérité à défendre. On a clairement mêlé les registres du discours et on se surprend du manque de nuances. On a commencé par confondre une farce avec la vérité et maintenant on confond la culpabilité d’un crime avec la responsabilité du geste.
Il est clair que les médias ne cèderont pas le monopole qu’ils détiennent sur la pensée collective. Ils mettront en vedette des spécialistes dont le témoignage ira dans le sens désirer. Si c'était l'Église, on appelerait cela de la censure, mais comme c'est publique, on appelle cela du discernement. C’est aussi le fonctionnement des tribunaux. Un témoin expert va toujours tenir des propos justifient celui qui le paie. C’est là où entre en jeu le rôle des membres du jury. Comme on a déjà mêlé le sens de la farce avec celui de la vérité, en est-on rendu à confondre l’information et la prédiction? L’information vient après l’événement alors que la prédiction, le mot le dit, c’est de prévoir l’issu d’une situation. Les journalistes qui prédisent déjà l’issu des évaluations psychiatriques de Guy Turcotte manquent de sérieux pour le rôle qu’ils jouent auprès du public et de la pensée collective.
Sommes-nous témoins qu’une guerre de clan entre les médias et les institutions publiques sans le savoir? On a muselé l’autorité religieuse et morale et maintenant on veut discréditer les institutions pénales qui prennent des décisions. Les douze membres du jury ont été choisis parmi le peuple et il en est resté onze qu’on a qualifiés d’impartiaux. Il y a un sentimentalisme populaire malsain très bien orchestré par les médias. Devrait-on revenir à une forme de censure pour le bien commun et la justice sociale? Les enjeux ne sont pas simples, ils sont à l’image conséquente de nos réseaux de communication. On n’a pas fini de s’émerveiller d'une part des nouveautés surprenantes mais aura-t-on à se surprendre des horreurs qui peuvent s’ensuivre? Je viens de me procurer un téléphone dit «intelligent!» Il me dit comment faire ce que je veux faire mais c’est moi qui décide quoi faire! Devrait-on en arriver à là avec les médias? Comment s’y prendre? Ce ne sera eux qui nous le diront!