Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
J’ai commencé mes deux semaines de vacances automnales dans cette petite communauté chrétienne qui constitue l’extrémité est de la paroisse : Sainte-Rose-du-Nord. C’est un village aux multiples charmes. Le fjord du Saguenay y offre un corridor de vent unique. C’est plein de collines et depuis que j’y vais pour célébrer la foi de cette portion du Peuple de Dieu, il me semble qu’il faut les quatre saisons pour découvrir tous les charmes de ce beau village.
Je suis logé gratuitement. Je tente de ne pas abuser mais la tentation est forte. On m’apprécie à tous les niveaux. On m’accorde un privilège que peu de pasteurs ont l’occasion de vivre, prendre le bâton du pèlerin.
Le bâton est fait par un artisan de l’endroit. Il m’a été offert il y a déjà quelques mois. Je retrouve un élan de jeunesse dans mes marches quotidiennes dans le village. J’ai encore des sentiers à découvrir et le temps semble de mon côté. On annonce des jours de pluie entrecoupés de soleil d’automne. J’y vis au jour le jour.
Je reçois beaucoup de confidences de la personne qui me loge. Ses enfants sont maintenant à l’extérieur et son épouse est chez l’un de leurs enfants qui vient d’avoir un enfant. Elle y passe deux semaines pour leur apprendre à s’habituer à cette présence mystérieuse qu’est un enfant dans une nouvelle famille. Les parents sont tiraillés. Ils s’ennuient de leurs enfants et petits enfants qui ne reviendront plus dans ce beau petit village. Ceux-ci voudraient que les parents les rejoindre et ainsi se faire plus proches. Pourront-ils quitter leurs racines si profondes, eux qui a toujours vécu les hauts et les bas à même cette petite communauté.
En prenant le bâton du pèlerin pour arpenter leurs rues et leurs collines, je me fais inviter par des gens qui reconnaissent qui vient régulièrement célébrer leur messe dominicale. J’apprends les secrets de la communauté. Plusieurs me disent que ce beau village unique est à changer et très vite. L’entraide de jadis n’est plus au rendez-vous. Les valeurs fondamentales des ancêtres s’estompent graduellement pour laisser place aux nouveaux courants de pensées et des manières de faire liés au modernisme tel que l’internet.
Entrer ainsi dans les foyers pour partager un café ou un thé et entendre des confidences qu’on n’a pas le temps de me faire à l’arrière de l’église donne un cachet particulier à mes vacances. Ils ont l’impression de recevoir un ami et un confident. On s’informe de ma santé et de mes projets d’avenir. La question immanquable sur l’avenir de l’Église surgit de nulle part. Grâce à mon bâton de pèlerin, je deviens comme l’un d’eux.
Oui, je me donnerai du temps pour préparer mes interventions prévues lors du 162e Cursillo que j’animerai avec d’autres au Havre de l’Hospitalité d’Alma en novembre prochain. Je pense même que je ferai mes interventions avec mon bâton de pèlerin.
Écrire ces mots me fait un grand bien. Quand le Pasteur se fait ainsi Pèlerin parmi les siens, qui sait si quelqu’un ne découvrira pas en lui un instinct pastoral pour l’Église à venir.