Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Qu’est-ce que ces trois thèmes ont en commun? La parabole de la femme fatigante que nous avons vue dans la parole de ce 29e dimanche du temps ordinaire 2010. Il y a ici quelque chose d’assez inusité sur le sens de la prière.
Supposons-nous que nous arrivons à l’improviste sur un accident de voitures. Le premier reflexe est un choc cérébral en constatant les dommages aux voitures. Vient ensuite un reflexe émotif en constatant qu’il y a des blessés. Vient en dernier lieu la question fondamentale, ne peut-on pas faire quelque chose pour prévenir les accidents de voitures avec blessés?
La prière suit le même parcourt. Il y a la prière de tête devant les injustices sociales. Si seulement le gouvernement pouvait s’en charger avec des programmes d’appoint, les apparences seraient sauves. Vient ensuite le constat qu’il y a des expériences humaines difficiles et souffrantes au cœur de ces injustices. Un tel constat peut engendre un sentiment de compassion valable en soi, en autant qu’on en parle encore aux médias. Finalement, arrive la prière du cœur, qu’est-ce que je peux faire pour changer les choses dans mon entourage immédiat?
Le Frère André avait peut-être un remède miracle dans sa prière. Il était illettré et comme il ne savait pas compter, il a su compter sur Dieu. Il a donc développé cette attitude qui dépasse le sentiment émotif devant la souffrance humaine et tout ce qu’elle engendre. Ne sachant pas lire, il ne pouvait pas élaborer de grands principes sur les causes et les effets des injustices. Il ne pouvait qu’être dans la force de sa pauvreté.
Dans l’Évangile de sa canonisation, une femme se fait insistante auprès d’un juge que ne craint pas Dieu et se moque des hommes. Mais il est tellement tanné de se faire casser la tête, qu’il décide en sa faveur. Le Frère André disait aux siens de ne pas craindre d’achaler et de tanner saint Joseph. Où a-t-il appris cela sinon dans sa prière? En son temps, les Évangiles n’étaient pas accessibles à tous d’une part et il ne savait pas lire d’autre part.
Il y a quelque chose ici qui nous dépasse et ne nous pressons pas de le rattraper. Néanmoins, nous pouvons tenter de le suivre à distance. Y a-t-il d’autres Frères André pour notre temps? Et si c’était à notre tour d’y croire?