Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Comme tous ceux qui publient sur le sujet, je ne comprends pas le verdict concernant l’ex-cardiologue Guy Turcotte. Je crois toutefois que les membres du jury avaient des éléments qui manquent à notre jugement collectif. Les réactions sont émotives et cela va de soi quand il est question des enfants. Je crois que l’homme est profondément troublé et que, pour lui, sa vie va devenir sa prison. Il est toutefois malheureux que l’on stipule déjà sur son avenir et ce, avant même que les spécialistes se soient penchés sur la question. Son procès sur la place publique n’est pas encore terminée tant et aussi longtemps les gens auront des choses à dire sur le sujet.
Je prie beaucoup pour les parents que Guy Turcotte. J’entends encore la voix tremblante de la mère retransmise aux nouvelles télévisées quand elle demandait de l’aide au 911. Elle suppliait pour de l’aide pour son fils, ce qui n’impressionnait pas la personne au bout du file. Celle-ci a réagi quand la mère a insisté qu’il y avait des enfants en cause. Mais à prime à bord, la détresse du fils ne commandait pas une intervention d’urgence.
Quelque chose de fondamental manque à notre société en générale. Comme collectivité, on a complètement banni le mot «péché» de notre vocabulaire. Mais comment identifier ce manque à la base qui tourmente l’existence quand on se refuse d’appeler les choses par leur nom? Guy Turcotte ne sera jamais un homme libre et ce, même s’il évite la prison. Il porte sa prison en dedans de lui. Il a reçu la pire sentence qu’un homme peut recevoir. Il est condamné à vivre alors qu’il n’a plus de raison de vivre. Toutes les vies qu’il a sauvées en sa qualité de cardiologue sont enfuies dans la noirceur du drame qui a troublé la quiétude d’une société qui ne reconnait plus son mal de vivre. Dans un tel contexte, il restera dans la mire des spécialistes de la santé mentale aussi longtemps qu’il ne sera un danger pour lui-même. Et demain n’en est pas la veille.