Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Faut-il toujours que le pire dans le monde survienne pour que le meilleur de l’homme émerge? Comme tous mes concitoyens de la planète, le séisme qui frappe Haïti éveille en moi une vague de compassion digne d’un tsunami émotif. Faut-il autant de souffrance indicible pour ranimer la générosité de l’humanité? L’univers est un terrain de jeux pour ceux qui voyagent. J’ai connu un confrère haïtien en 2007 alors que j’étais de passage à Québec. Il me parlait de son pays avec amour. Je m’inquiète de son sort depuis que je sais que son archevêque est mort dans le séisme.
Certains demandent avec véhémence : «Où donc est Dieu dans de tels événements?» Il faut s’ouvrir les yeux et regarder les infos. Il est dans ces mouvements de masses dont la générosité est incontestable. Ma question s’adresse d’abord à l’humanité. Où étais-tu avant le séisme? On dit qu’il y a 1,411 canadiens qui manquent à l’appel. Ce sont autant de signes de Dieu dans l’anonymat des gens qui donnent temps, énergie et compassion pour aider un peuple qui n’a plus les moyens de retourner le balancier pour les services rendus. Pourtant, Haïti a déjà été un pays riche et prospère dans des pages d’histoire que l’on a oublié d’écrire. Il a été exploité à outrance mais son peuple a su garder sa dignité. Le geste humanitaire international n’est qu’une reconnaissance qui va de soi. Faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour entretenir chez ce peuple de foi et de courage la dignité de la race humaine. Dans de telles catastrophes, il n’y a qu’une religion qui tienne la route, celle du cœur et du partage.