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Le texte de Christiane Pelchat, présidente du Conseil du statut de la femme intitulé Pour la laïcité totale de l’État paru dans Le Quotidien du Saguenay-Lac-Saint-Jean du 29 mars me déçoit beaucoup. En voici un extrait : «Le Conseil du Statut de la Femme formule aussi d’autres recommandations, parmi lesquelles une déclaration voulant que le Québec rejette la laïcité ouverte.»
En rejetant la laïcité ouverte, madame Pelchat propose le matriarcat comme une idéologie de fermeture au patriarcat que l’on a attribué au Cardinal Paul-Émile Léger dans les années 50. Est-ce une véritable révolution de la société? C’est le syndrome le de l’agressée devenue l’agresseur. Nous y voyons la même fermeture d’esprit que nous avons reprochée à l’Église catholique d’avant Vatican II. À l’époque, l’Église s’insurgeait contre le communiste. C’était une façon déguisée de s’opposer à une quelconque différence dans la manière d’être de l’époque. Est-ce possible que nous maintenions la même ligne discriminatoire quelques 50 ans plus tard?
Il est malheureux que nous ayons eu de tels ratés historiques. Faut-il répéter les mêmes horreurs pour se prétendre de l’actualité? Le drame du Conseil du statut de femme tel que défini par Madame Pelchat est de passer du «mouvement féministe» à une «idéologie féministe.» Peu importe sa forme et ses revendications, une idéologie est toujours déconnectée de la réalité sociale et elle va à l'encontre de ce que devrasit être une société évoluée. Cela a été vrai pour l’Église d’avant Vatican II et cela est encore vrai pour cette idéologie féministe en 2011! Comment devons-nous réagir à l’affirmation : «Aujourd’hui, la laïcité ouverte, c’est la laïcité ouverte aux atteintes à l’égalité des femmes. (…)» J’ai entendu madame Pelchat dans une entrevue télévisée. Elle reproche à l’Église l’exclusion des femmes à l’ordination sacerdotale. Mais est-ce que Madame Pelchat est prête à entendre l’opinion des femmes que j’ai rencontrées sur le sujet? Celles-ci s’opposent à l’ordination des femmes et elles disent qu’elles ne participeraient pas à une Eucharistie présidée par une femme. Sont-elles niaiseuses pour autant? Faut-il les exclure de la gente féminine parce qu'elles ne sont pas conformes à votre idéologie que je considère comme sectaire?
La Cardinal Léger s’est rétracté à la fin de sa carrière de cardinal et il s’est fait missionnaire auprès des lépreux de l’Afrique. Il me semble qu’il y a là une prophétie pour l’Église catholique du Québec. La lèpre de l’âme et du cœur existe; les maisons de thérapie et les prisons en témoignent pour ceux qui veulent croire en de tels témoignages. Un tel mal de vivre ne porte pas atteinte à la liberté des consciences, mais il incite à une nouvelle évangélisation. Une prise de position comme celle de Madame Pelchat au nom du Conseil du Statut de la Femme n’est pas une garantie pour ce que le peuple québécois est appelé à vivre. Mérite-t-elle les temps d’antenne que nous lui accordons dans les médias?
Aux femmes libres du Québec, de grâce! Levez-vous et défendez votre dignité de femmes dont l’esprit est ouvert sur le monde et la réalité d’aujourd’hui. C’est en vivant ensemble avec les différences que cela implique que nous réussirons à bâtir un avenir pour les générations qui nous suivent. Répéter les horreurs du passé n’engendre aucune certitude que ce que l’on dira de nous quand nous constituerons l’histoire de ceux qui nous auront succédé dans le temps sra mieux que ce que l'on dit de cerux qui nous ont précédés. Est-ce possible que tout ce que l’on se souviendra de nous qui voulons marquer l’histoire de notre présence ne sera que deux idéologies analogues dont l’une a préconisé la patriarcat dans une Église sans femmes et l'autre étant un matriarcat qui a rêvé d’une société sans homme? La similitude de ces deux idéologies est le rejet de la différence comme complément d’une société pluraliste. Le refus de la différence engendre une société biaisée aux valeurs difformées. Est-ce le seul souvenir que nous voulons léguer à ceux et celles qui nous suivent?