L'homme est foncièrement politique. Il aime que ses idées passent et qu'elles influencent les décisions qui marqueront l'avenir. Qu'en est-il de l'option de Jésus? Faut-il politiser ses besoins spirituels? Dans de tels contextes, peut-on croire que l'on peut transformer le monde à partir des Évangiles? Ne sommes-nous pas à déformer le message évangélique à ce point de confondre l'Esprit de Dieu et celui du monde?
J'aime l'approche des Alcooliques Anonymes qui stipulent "qu'il n'y a qu'une autorité ultime, un Dieu d'amour tel qui se manifeste dans la conscience du groupe". Cet énoncé s'appuie sur une préoccupation de base, la sobriété des personnes atteintes d'alcoolisme. Comment traduire cette préoccupation dans le mouvement de l'Église? Il faut d'abord préciser que le Dieu d'amour en question se manifeste lors des "rencontres d'affaire" des groupes concernés. Cela comprend les personnes inscrites officiellement à un groupe et celles-ci doivent garder en tête le souci premier par rapport à leur raison d'être.
C'est la différence entre la recherche de la raison et la quête de vérité. Il s'actualise dans le contexte du combat spirituel de tout chrétien, faut-il chercher la volonté de Dieu ou se soumettre à l'influence populaire? Le consensus pastoral qui est ici sous-entendu doit refléter le défi d'une évangélisation adaptée au monde actuel. Essentiellement, ce mouvement de base dépend de la spiritualité de base qui motive les choix pastoraux à venir. Laissons à nos élus les choix politiques qui s'imposent. Quant aux Chrétiens de coeur et de souche, il nous revient d'opter pour des choix pastoraux qui reflètent notre foi commune.