Lorsque j'ai annoncé à mes collègues de mission que je partais pour trois mois de repos et de réflexion l'été dernier, on m'a suggéré de considérer que je n'ai probablement pas ce qu'il faut pour être curé dans le nouveau contexte pastoral. J'ai tenu compte de cette suggestion dans ma démarche. J'ai même tenté des avenues intéressantes mais le résultat escompté n'était pas au rendez-vous. Finalement, je commence un nouveau ministère avec des objectifs précis à court, moyen et long terme. À long terme, je veux discerner mes sentiments d'appartenance à la spiritualité de Marthe Robin. Dois-je participer au réseau des Foyers de Charité de l'intérieur ou de l'extérieur? À moyen terme, je veux situer mon ministère d'une manière constructive afin de respecter à la fois mes charismes et mes limites. À court terme, je veux resituer ma confiance dans la manière de faire mon ministère. Comment puis-je renouveler la tradition en y insérant mon originalité?
Je commence un nouveau ministère dans un autre diocèse dès juillet prochain. C'est dans une unité pastorale structurée et fonctionnelle, mise en marche il y a déjà quelques années. J'ai rencontré les membres de l'équipe récemment. Je ne vais pas m'aventurer à comparer les contextes entre le ministère que je quitte dans mon diocèse d'origine et celui qui m'attend dans mon diocèse d'adoption. Ce serait une très grave injustice de ma part. Je laisse dans mon coin de pays des gens de bonne foi qui travaillent avec coeur à une oeuvre d'Église qui leur est importante. La manière de vivre une mission appartient au terroir. Je perçois de plus en plus que c'est probablement au niveau du terroir que j'ai vécu mes plus grandes difficultés pastorales et non avec les gens qui y travaillent. Ces derniers auront toujours mon respect par rapport à leur engagement respectif. C'est pour moi le passage de l'uniformité à l'universalité de l'Église. Les solutions mises en oeuvre dans le diocèse de Chicoutimi qui m'accueille ne peuvent probablement pas s'appliquer au diocèse de Bathurst. Par exemple, une communauté de l'unité ne peut plus assurer les besoins financiers de son lieu de culte. Aussi, ce dernier a été vendu à la municipalité pour $1.00 symbolique. La municipalité assure maintenant l'entretien physique à partir des taxes des citoyens. Est-ce une solution dans mon diocèse d'origine? C'est à mon avis l'exemple d'une universalité qui doit se différencier de l'uniformité. Une solution locale peut ne pas être applicable à l'ensemble d'un diocèse. Comment vivre sa différence dans un contexte d'unité?