Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Un contexte historique qui nous ressemble
La crucifixion de Jésus a des ressemblances frappantes avec la réalité d’aujourd’hui. On ne peut nier la jalousie des dirigeants religieux de l’époque. Pilate met tout en œuvre pour faire éviter cette mort cruelle à Jésus. Il faut deux critères pour être exécuter d’une telle manière. Il faut prouver que la personne est une menace réelle pour Rome ou qu’il soit un meurtrier. Jésus ne présente aucun de ces critères. Qu’il donne le choix entre Jésus et Barrabas n’est pas banal. En choisissant Barabbas, la sanction prévue à ce dernier doit être assumée par celui qui est condamné. Jésus meurt donc à la place de Barabbas de la manière prévue pour ce dernier. Et cela se fait en manipulant l’opinion populaire d’une manière hystérique. On ne peut nier que les drames attirent toujours l’attention. Or, devant l’hystérie collective, le peuple devient comme un troupeau de chacals assoiffés de sang. Ne pas contenter sa soif, c’est aller à sa propre perte. L’hystérie collective donne raison aux anges déchus qui critiquent l’initiative de Dieu de faire confiance en l’humain pour protéger et sauvegarder la création. Mais Dieu veut révéler sa miséricorde et pour ce faire, il faut assumer la misère totale de l’humanité. Or cette misère prend ici la figure de l’hystérie collective qui ne fait plus la distinction entre le bien et le mal, entre Barabbas et Jésus. Les «pros-Jésus» sont muselés dans une foule en délire à en perdre la raison. Puisque le mot «miséricorde» signifie «misère du cœur», il faut donc aller au bout de sa misère pour en voir le salut. Jésus ne donne pas sa vie pour un enfant de chœur tout frais sorti d’une sacristie, mais bien pour un émeutier qui a tué un homme. Jésus va mourir comme un meurtrier à la place d’un meurtrier. Il faut admettre que Jésus réalise sa mission de rédempteur d’une manière sans équivoque. Dans la foule qui lui crie des injures en scandant «Crucifie-le! Crucifie-le!» Jésus reconnait ceux qu’il a guérit. Les boiteux marchent, mais dans quel sentier! Les aveugles voient mais pour regarder quoi? Les sourds entendent qu’écoutent-ils? Jésus sera crucifié entre deux larrons. L’un d’eux n’y comprend rien et voudrait que Jésus manifeste son pouvoir quand il lui dit : «Sauve-toi toi-même et nous aussi.» Mais le second larron est plus réaliste. Il se sait fautif et qu’il mérite son sort mais il reconnait aussi que Jésus n’a rien. C’est alors que nous sommes témoins du premier saint promis à la gloire de Dieu. Jésus lui dira : «Vraiment, je te le dis, aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis.» (Luc 23, 43) Non seulement Jésus donne-t-il sa vie pour quelqu’un qui n’a rien d’un enfant de chœur, mais le premier qu’il emporte avec lui au paradis ne vient pas d’une sacristie! Qu’en est-il de nous? C’est ce que nous verrons demain quand nous aborderons le sous-thème : Une crise vaincue par un peuple convaincu!