Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
J’ai écouté l’homélie du révérend qui a présidé aux funérailles de Jack Layton. Il a répondu à la question que se posait mon député d’Acadie-Bathurst alors que j’étais au Nouveau-Brunswick. Pourquoi fallait-il que Jack meurt, lui qui avait encore beaucoup à donner?
Selon le révérend, la question n’est pas «Pourquoi?» mais bien «Pourquoi maintenant?» Il précise toutefois que cette question n’a pas de réponse. En fait, la foi n’est de trouver une réponse sensée pour apaiser nos questions angoissantes. La foi, c’est de vivre avec une question existentielle qui n’a aucune réponse, du moins pas dans l’immédiat. Une telle question nous oblige à l’essentiel, à l’incontournable. À cela j’ajouterais à l’existentiel. C’est alors une question incontournable par rapport à l’existence qui nous plonge dans ce qu’il y a d’unique comme expérience de vie et de foi. Les véritables expériences de foi sont nécessairement des expériences existentielles dans un contexte de vie particulier. Cela transforme ce que nous sommes et la perception que nous avons de nous-mêmes.
De la vie de Jack Layton, un vent nouveau a soufflé chez le peuple canadien. On aime croire que l’électorat canadien a voté pour un homme aux visages multiples selon sa députation. Sa mort a été un retour de la pendule de l’existence comme une vengeance de la nature humaine et collective. Les députés élus du parti sont-ils de la trempe de Jack Layton? De toute évidence, on n’a pas le droit au vedettariat. Personne ne peut prétendre pouvoir chausser la pointure des souliers de Jack. Lors de l’élection du prochain chef du parti, l’esprit de Jack devra être présent pour ne pas perdre le sentiment de l’électorat. Un tel sentiment n’est jamais négligeable. C’est la débandade au yeux de l'électorat ou le pouvoir aux prochaines élections fédérales. L’épouse de Jack, qui est aussi députée du même parti, peut avoir une influence pour mieux exprimer l’esprit de son mari qui a animé ce parti aux surprises multiples, selon les dernières élections. Si Jack Layton a pu faire de son parti l’opposition officielle au parlement canadien, le prochain ched peut en faire le prochain gouvernement, selon s'il croit au charisme de celui qu'il remplace dans la direction du parti mais non dans les sentiments de ceux qui pourraient l'élire.
«Pourquoi maintenant?» a aimé dire le président de ses funérailles qui ont mobilisé l’attention populaire telle des funérailles d’État. À cela je réponds, pourquoi pas? C’est le temps de dire au monde entier qu’il y a ici plus qu’un parti politique basé sur un homme. Mais le sort est jeté et la responsabilité de ce qui en découle relève du sentiment d’appartenance de tous ceux qui font partie de l’ensemble. Jack Layton est-il mort ou s’est-il immiscé dans les intentions des députés qui se disent de sa nature philanthrope? Ce parti fédéral n’est pas obligé d’imiter ce parti provincial qui a presque perdu son statut politique après des dernières élections qui ont réélu le parti Libéral et Monsieur Charest. Pour relever le défi de Jack, faut-il croire en sa mort à ce point d’en mourir soi-même ou croire en son inspiration encore vivant au-delà de la mort? Députés élus par ceux qui ont cru en Jack, ne nous décevez pas car un homme d’une telle envergure ne peut pas mourir sans que ceux qui portent ses couleurs ne se fassent enterrer avec lui.