Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Le titre peut surprendre et c'est ce qu'il vise. Venant d’un prêtre catholique, comment peut-il être d’accord avec ceux qui s’opposent à la prière et aux symboles religieux en public?
Je m’en réjouis car c’est un mouvement qui a toujours existé en Église. Vatican II a ouvert les portes aux laïcs et ceux-ci ont été interpelés à participer aux responsabilités du clergé. Un mouvement de laïcs s’est alors amorcé pour concurrencer les prêtres en charge des paroisses. Que se soit des diacres permanents en poste ou des laïcs engagés, le sentiment «anti-prêtre» a toujours persisté chez certaines personnes. Le malheur c’est que la tendance n’est pas généralisée. Ce ne sont pas TOUS les diacres ni TOUS les laïcs qui s’opposent à l’influence du prêtre en Église.
L’être humain est foncièrement mystique. Il tend naturellement vers un mystère, tant celui qui l’habite que celui qui l’entoure. Renier cet aspect de l’homme, c’est aussi se poser en faveur d’une forme d’exagération populaire poussée à outrance. Le Mouvement Laïc Québécois s’est d’abord opposé à la prière du maire Jean Tremblay pour finalement s’objecté à tout symbole religieux. Ce n’est plus le même combat. Les symboles religieux sont des témoins de notre culture et de notre histoire. S’y opposer c’est aussi renier ce qui nous a constitué. Quiconque renie son passé se ferme aussi à tout ce qui est promesse d’avenir. En fait, il n’y a plus d’avenir possible.
Il faut donc défendre nos droits par rapport à notre culture et à notre histoire pour être en mesure de laisser un avenir aux enfants qui nous succèdent. L’avenir est avec eux et non avec ceux de ma génération ou ceux qui nous précèdent.
Je déplore ouvertement cette fermeture d’esprit du Mouvement Laïc Québécois. Il reproduit ce qu’on a toujours reproché à l’Église catholique d’avant Vatican II. Vous souvenez-vous de ce dicton : «Hors de l’Église catholique point de salut?» L’Église a aboli cette approche avec Vatican II et ses efforts en œcuménisme sont éloquents et sans contredit. Il est surprenant qu’un mouvement dit d’avant-garde veuille se l’approprier comme signe d’ouverture sur l’avenir. La guerre médiatisée entre le Mouvement Laïc Québécois et les tenants des droits envers l’histoire et la culture démontre une fermeture sectaire qui, à mon avis, ne représente pas le Québécois d’aujourd’hui dans sa quête d'avenir.
J’approuve les mouvements sociaux qui veulent interpeler le gouvernement provincial pour qu’il mette des balises en ce qui concerne la laïcité de l'État. C’est quand même ce gouvernement qui a commandé la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables par rapport aux nouveaux arrivants. Ce qui me surprend c’est que ce ne sont pas ces derniers qui menacent notre culture et notre histoire, mais bien des gens d’ici et bien enracinés dans ce qu’ils condamnent et rejettent. On dirait que plus je comprends, moins je saisis. Est-ce que quelqu'un pourrait m'expliquer?!?