Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Jésus insère le service du lavement des pieds au moment où il instaure l’Eucharistie. Qu’est-ce à dire? N’y a-t-il pas là une source de division? Qu’est-ce qui constitue le chrétien, sa manière de rendre service ou sa manière de célébrer l’Eucharistie?
Pour certains, la participation à l’Eucharistie constitue l’essence de la foi. L’Eucharistie n’est-elle pas la source et le sommet de la foi chrétienne? Pour d’autres, c’est l’amour que nous avons pour les uns pour les autres qui compte. Il me semble que les deux vont ensemble. Le service aux autres devrait découler de notre participation à l’Eucharistie et, inversement, notre participation à l’Eucharistie devrait nous conduire à un meilleur service aux autres.
Mais qu’est-ce qui peut faire l’unité entre le service aux autres et la participation à l’Eucharistie? Il faudrait regarder le symbole des gestes posés. Jésus veut laver les pieds de Simon. C’est un acte qui relève des esclaves. Pierre refuse. Quand Jésus lui dit qu’il ne pourra pas avoir une part avec lui, Simon se révise et insiste pour que Jésus lui lave aussi les mains et la tête. Jésus refuse. Pourquoi?
Le corps est foncièrement relationnel. Tous les membres participent aux relations humaines. Les pieds symbolisent les convictions sur lesquelles on avance dans la vie. Les mains constituent le sens de l’accueil, alors que la tête représente le lieu du discernement. Jésus refuse à aller plus loin que les pieds. Car atteindre les convictions chez les gens constitue le cœur de toute action pastorale. Si une action pastorale équilibrée est imprégnée d’un certain discernement et d’une attitude d’accueil, seules les convictions peuvent orienter la manière d’accueillir et le résultat du discernement. Mais le fondement de nos convictions est foncièrement l’Eucharistie. Savoir prendre un temps d’arrêt pour célébrer sa foi avec conviction conduira forcément à prendre le temps d’accueillir l’autre comme il se doit et à prendre aussi le temps discernement les options nécessaires aux bons gestes à poser.