Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Ce titre prétentieux est le thème principal d’un triduum (retraite de trois jours) que je vais prêcher les 10, 11 et 12 mai 2010. Les sous-thèmes selon les jours sont : Une mort pleine de vie, Une crise vaincue par un peuple convaincu et Vivre en ressuscités! J’aurai la chance de traiter les sous-thèmes ultérieurement. Pourquoi un tel thème?
Tout n’a pas été dit sur la mort par crucifixion de Jésus. On peut douter qu’il soit mort pour nous mais on ne peut pas renier qu’il soit mort pour Barrabas. Ce dernier était condamné à mort pour avoir tué un homme lors d’une émeute. Ponce Pilate voulu libérer Jésus tant il ne croyait pas aux accusations que l’on portait contre lui. Comme il était de coutume de libérer un condamné pour la Pâque juive, Pilate a proposé un choix au peuple. Ce dernier a changer de libérer l’émeutier et Jésus devait assumer la sentence de ce dernier.
Il y a de nous de chaque intervenant autour de Jésus. Le plus difficile à comprendre c’est Judas Iscariote. Souvenons-nous qu’il n’y a pas de nom de famille à l’époque. Iscariote ici voudrait dire le nom du parti politique auquel Judas appartenait. Les évangélistes le nomment «le traitre!» Ce titre peu honorable ne vient tant du fait qu’il ait vendu Jésus pour quelques deniers mais plutôt à cause du baiser par lequel il indique aux soldats qui est l’homme parmi les autres. Seul le père peut embrasser le fils. Or, durant son ministère, Jésus a toujours dit que Dieu était son père. Par ce baiser, Judas se met à la place de Dieu. Il incarne alors la nature du péché originel qui est de prétendre aller au Père sans passer par le Fils. Ici, Judas va plus loin. Il pose le geste qui le met à la place de Dieu.
Aussi surprenant que cela soit, Pierre avait raison de dire qu’il ne connaît cet homme. Le Jésus qu’il connaît guérit les malades, fait voir les aveugles, marcher les boiteux, multiplie les pains pour faire manger tout le monde et sait faire face au diable et aux multiples démons. Non, il ne connaît pas cet homme qui ne sait pas se défendre devant les autorités religieuses et civiles.
Dans sa mort, Jésus réalise une grande trilogie. Vous souvenez-vous du premier signe que Jésus a fait à Cana? Il a changé l’eau en vin. Tous les signes qui suivront iront dans le sens de ce premier miracle. Lorsque Jésus a institué l’eucharistie, il prend le vin et dit : «ceci est mon sang livré pour vous et pour la multitude.» L’eau devenue du vin devient maintenant son sang. Du haut de la croix, on lui perce le côté et il en sort du sang et de l’eau. Le cycle est terminé et Jésus dira : «tout est accompli.»
Comme Dieu crée la femme du côté d’Adam, l’Église naît du côté transpercé de Jésus. Il ne lui reste que de l’eau sortie du côté de Jésus. Sa mission est grande puisqu’elle se fait dire : «faites ceci en mémoire de moi.» La mission de l’Église est entière. Elle a à changer l’eau en vin, y reconnaître le sang du Christ et le prix de la croix en Jésus.