La nage synchronisée est impressionnante. Les compétitions aux quelles j'ai été témoin grâce à mon téléviseur ont été spectaculaires. Les figures imposées ont ét d'une exactitude exemplaire. J'en remercie le Ciel de ne pas avoir eu à juger du spectacle. J'accroche à l'idée que pour réussir un tel exploit, les athlètes ont eu à renoncer à leur individualité afin d'entrer dans le dynamisme du groupe pour des configurations de qualité.
Pour être parfait, la nage synchronisée repose sur des athlètes dont le souci d'une perfection du groupe, qu'elle soit sociale, religieuse ou artistique. Il ne faut qu'une fausse manoeuvre d"un individu pour briser le rythme du groupe. L'athlète n'a pas intérêt à attirer un tel regard sur une prestation parallèle au groupe. L'esprit communautaire de l'Église peut-elle alors s'inspirer de la nage synchronisée pour aiguiser ses instruments d'intervention pour le mieux-être de ceux et celles qui y croient?
On ne peut pas confondre le verbe "vivre" avec celui de "croire." Le premier peut être issu d'un acte volontaire et individuel, alors que le second relève d'un acte communautaire. Je peux croire en moi mais si les autres ne suivent pas le pas ou ne le confirment pas, mon effort est une illusion en chute libre. J'aime faire le parallèle avec l'équipe pastorale à laquelle je me suis joint dernièrement. Chaque membre est habité d'une conviction personnelle essentielle aux échanges d'idée et aux partages de responsabilités. Mais dans l'exécution des figures imposées par le contexte sociale de l'Église aujourd'hui, on ne peut plus se permettre certaines envolés pittoresques et oratoires que l'on a connues aux débuts de l'ère Vatican II. On ne peut plus se permettre des arabesques vertigineux individuels de jadis et ce, dans une quête d'une publicité sociale. Il faut un discours synchronisé où tous les artisans posent un geste communautaire comme dans un seul mouvement. Il est si facile de se bâtir une tour de Babelle. On n'a qu'à utiliser les mêmes briques différemment où chacune aura son explication individuelle et sans rapport. La tour serait alors vertigineuse et les libertés d'expression diront à quel point il n'y a plus rien à dire.
Les athlètes sont-ils à nous enseigner les rudiments de note foi? Encore faut-il y croire pour l'investir dans notre manière de vivre et de croire.