Les chiffres parlent par l'inédit n'est pas exprimé. Le thème des articles parus dans Le Journal de Québec de ce 17 mars porte sur "Des valeurs qui se perdent." L'une de ces valeurs est la rectitude ou la logique continue de la pensée et des convictions profondes. Le chroniqueur Richard Martineau écrit: "Les gens disent une chose et son contraire dans la même phrase. (...) On veut rayonner à travers le monde mais on déteste les ambitieux."
Sans point de repère, les gens se forgent de nouveaux temples plus personnalisés tels que l'ésotérisme, la croissance personnelle, le travail et la consommation, les mouvements évangéliques et charismatiques, l'excès dans les comportements compulsifs et le repli sur la famille. Sommes-nous revenus à de nouvelles formes du veau d'or de l'ancien testament?
En discutant avec des amis de ce reportage, il faut convenir que nous avons un discours politique et culturel assez développé. La religion a eu son rôle dominant dans la formation de ces discours. Mais l'essence de l'Église est fondamentalement la pastorale. Qu'en savons-nous?
Des gens de bonne foi me disent qu'ils n'en savent pas grand chose. Est-ce limité aux théologiens et aux pasteurs? Je crois qu'elle est là la mission première. L'enfant qui s'endort dans les bras de sa mère pendant que nous lui conférons le baptême est pour moi un premier discours sur ce qu'est la foi. Pouvons-nous nous endormir dans les bras de Dieu comme cet enfant dans les bras de sa mère? C'est une expérience de foi à vivre que les pasteurs ont à annoncer et les théologiens à expliquer. Il ne s'agit pas toujours de chercher mais aussi de s'asseoir pour apprécier et contempler. Il est difficile de se faire témoin de l'espérance quand on ne sait pas reconnaître sa pauvreté spirituelle. La richesse culturelle de l'Église et son influence historique en politique peuvent encadrer l'expérience de la foi d'aujourd'hui. On peut renouveler le cadre au souffle de l'esprit Saint. Il me semble que c'est là l'acte de foi qui doit primer dans notre manière de vivre notre foi.