Une amie m'a fait parvenir ces photos ci-dessus de la dernière tempête de neige. Celle du haut est prise de l'intérieure, près de la table de la cuisine où j'ai partagé tant de tasses de thé avec le couple et leur parents. Celle de droite est la porte d'entrée habituelle vue de l'extérieur. Y a-t-il de plus belles images pour exprimer la dépression nerveuse? C'est un sentiment d'emprisonnement inexprimable! Quand on dit qu'une image vaut milles mots!
En cette fin de la période hivernale où le blanc de la neige plonge l'individu dépressif en des noirceurs intérieurs indescriptibles, je tiens à exprimer ma solidarité à ces personnes souffrantes anonymes. Anonymes parce que leur mal de vivre ne paraît pas. Les victimes n'ont pas de béquilles, de fauteuils roulants, une canne avec crampons à glace ou de cannes blanches. On peut leur dire de sortir et voir des gens. Qui déblayera l'entrée de leur souffrance afin qu'ils puissent en sortir de temps en temps?
Le préjugé sur les humeurs intérieurs est aussi fort que le racisme et le sexisme. En fait, il est probablement du même calibre et fait à partir d'une même substance. Une personne ne choisit pas ses humeurs, sa race ou son sexe. Il est ce qu'il est et son existence consiste à apprendre à vivre avec sa réalité. On peut lui dire de laisser les autres braire comme s'ils étaient à l'extérieur de sa réalité. Il n'en reste pas moins qu'ils ont une influence sur la porte qui permet de se sortir de tels états d'âme. Qui déblayera leur porte d'accès à la liberté de vivre? Probablement le même qui a roulé la pierre du tombeau qui enfermait le ressuscité.