Il y a quarante-cinq ans, personne n'aurait dit que l'usine des pâtes et papiers de Dalhousie fermerait. C'est pourtant l'annonce qui a été faite cette semaine. L'usine Bowater fermera définitivement ses portes le 31 janvier 2008. C'est le désastre économique de toute une région.
Il y a quarante-cinq ans, l'usine C.I.P. de l'époque employait 1,250 employés et il était dit que pour un employé dans l'usine, il y avait cinq emplois assurés dans la forêt. On comptait alors deux bûcherons et deux charretiers ainsi qu'un transporteur de bois à l'usine. Les hommes de chantier étaient sous la juridiction de ce que l'on appelait la "woodland", organisme indépendant qui assurait le ravitaillement de pulpe pour le moulin.
Il y a dix ans, l'usine s'appelait Bowater et elle avait diminué le nombre de ses employés à 419. Le salaire moyen était de $1,000.00 la semaine. La nouvelle technologie avait permis de réduire considérablement la pollution. La technique forestière avait énormément évolué. On ne pouvait évaluer le nombre d'employés sous-jacents à ceux qui travaillaient à l'usine. Le bois était transporté aux moulins à scie pour transformer le bois en matériaux de construction et les copeaux étaient acheminés à l'usine de pâte et papier.
L'usine fermera sous peu et c'est la désolation. On estime une perte salariale annuelle de $80 M. C'est la crise et on ne sait ce sur quoi on pourrait bâtir un quelconque espoir. La mondialisation et la force du dollar canadien ont leur répercussion. L'argent est sans coeur et sans âme. C'est le profit pour le profit.
Mon frère Raymond avait dit que le temps des vaches grasses était terminé. Il se réjouissait qu'il allait bientôt prendre sa retraite.
Est-ce un signe d'évolution? Est-ce possible de connaître la gloire du succès et le désespoir dans une même génération. La moyenne d'âge des employés est de 50 ans. C'est trop tôt pour prendre sa retraite et personne ne peut dire ce qu'il adviendra de leur plan de pension.
La vie a ses obligations. Prendrons-nous le pont qui conduit sur l'autre rive? L'évolution est de reconnaître que ce qui est se présente mieux que ce qui était. L'espoir est de croire que ce qui sera se présentera mieux que ce qui est. L'évolution engendre-t-elle l'espoir pour autant?
«L'espoir est de croire que ce qui sera se présentera mieux que ce qui est.»<br />
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Les gens du moulin pourraient méditer cette phrase, non pas sous forme de question mais sous sa forme affirmative. L'Avent est un temps qui doitnous permettre de regarder l'avenir avec «espérance».<br />
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Je comprends la détresse de ces vaillants hommes qui ont à coeurle bien de leur famille. Mais justement parce qu'ils sont vaillants ils trouveront une solution à leur problème. C'est le souhait que je formule pour eux pour l'année 2008.