Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

Publicité

Histoire oubliée mais connue

DSCN0988.jpgLors de mes vacances en mai dernier, j'ai rencontré deux femmes qui ont joué un rôle déterminant dans ma vie et ce, avant même que je ne les connaisse. Celle qui est à l'avant-plan s'appelle soeur Thérèse Bélanger. Elle a 96 ans, dont 76 ans de vie religieuse. Celle à l'arrière-plan s'appelle soeur Lucienne Lambert. Elle a 89 ans et elle célébrait le 20 mai dernier ses 70 ans de vie religieuse. À l'époque où elles ont joué un rôle essentiel dans ma vie, la première portait le nom de Mère Mectile et la seconde de Mère Émérence. 

Elles sont de la communauté religieuse Les Filles de Jésus et elles sont les dernières fondatrices de l'hôpital Saint-Joseph de Dalhousie. En 1951, Mère Mectile avait assisté le Dr Jean-Patrice Chiasson avec ma mère qui avait une mauvaise grossesse et était à l'article de la mort. Enceinte dans la trompe qui relie les ovaires à l'utérus, ma mère était en hémorragie. Mère Mectile avait terminé son quart de travail à 16h00 et à 17h30, elle aidait ma mère en vue de l'opération d'urgence qui allait avoir lieu à 21h30. Quand ma mère s'est réveillée vers 4h00 du matin, Mère Mectile était encore à son chevet. C'est ma mère qui l'avait renvoyée et à 8h00 du matin, Mère Mectile était encore sur le plancher à faire son quart de travail. Elle était venue s'informer de l'état de ma mère.

Cinq ans plus tard, le 6 mars 1956, Mère Émérence aidait ma mère à me mettre au monde. Le 21 mai dernier, j'ai eu l'occasion de célébrer la messe à leur maison Kermaria de Trois-Rivières. Sr Lucienne était au balcon avec celles dont la santé ne permet pas d'être à la nef avec les consoeurs en meilleur santé. C'est sr Thérèse qui, de la nef, est venue chercher le dernier livre que j'ai publié avec Monique Roy Dialogue entre un homme d'Église et une femme de Lettres tome II, en 2006 aux éditions de la Francophonie.

Je trouve malheureux que les femmes se sentent exclues de l'église. Ma plus grande tristesse est de voir le zèle et le coeur  avec lesquels ces dames de Dieu travaillaient, soit maintenant à se faire ainsi engloutir sous l'épitaphe monstrueux de l'institution de l'époque. La femme a toujours joué un rôle essentiel dans la vie de l'Église. C'est malheureux que l'on ne reconnaisse pas leur apport. Elles ne célébraient pas l'eucharistie, mais combien de fois ont-elles été des présences de Dieu auprès de ceux et celles qui étaient en manque de sollicitude.

Ces femmes de coeur sont restées des personnes aimantes, malgré l'épithète qu'on leur attribuait à cause de leur statut social. Elles se disaient soeurs mais c'était d'abord des femmes de Dieu. 
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article