Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
Depuis plus d’un mois que je suis revenu à mon ancien métier de thérapeute dans une maison de réhabilitation. C’est là que j’ai renforci ma foi, à voir des hommes et de femmes de grandes valeurs se relever des ombres obscures de la dépendance aux drogues, aux médicaments et à l’alcoolisme.
Ils ont inspiré les thèmes des grands moments de ma vie. À mon diaconat, en août 1999 à Caraquet, le thème était : «Dieu est Amour; Rappelle-nous le Daniel.» Et mon ordination sacerdotale en mai 2003 avait pour thème : «Une Église de pauvres à bâtir.» Je trouve mon bonheur dans ce que je suis et non dans ce que je fais ou selon mes avoirs accumulés avec les années. «Pierre qui roule n’amasse pas mousse» dit le dicton. À rouler ma bosse j’en ai perdu sa mousse.
Personne ne peut me juger selon les critères de la société. Celle-ci s’est perdue dans ses essais sans lendemains. Dans trop de secteur de la vie, nous en sommes encore aux balbutiements des débuts de la révolution tranquille. C’est comme si le temps s’était arrêté et qu’on ne sait plus sur quelle chaîne tirer pour se remettre en marche.
Il est vrai qu’on a développé des services spécialisés que l’histoire n’a jamais connus. Mais nous sommes aussi aux prises avec des syndromes d’un mal de vivre inédit. Je me demande si on va un jour enlever le mot «bonheur» du dictionnaire tant on n’y croira plus! Peut-être n’existe-t-il pas de vrai bonheur, uniforme pour tous comme dans une grande religion aux chorales agencées! À moins que le vrai bonheur soit fait de petites joies glanées ici et là pour enfin le partager avec d’autres petits bonheurs échappés dans certains détours négociés trop vite.
Peut-on combler un grand vide avec de petits riens? Oui, je rencontre des yeux sombres de la vie à tous les jours. Mais le miracle de la vie, car il en existe encore de ces merveilles inexpliquées, c’est que ces yeux sombres deviennent petit à petit des regards sobres pour revoir des beautés oubliées par le mal de vivre. À moins que ce soit le syndrome de vivre mal! C’est à voir!