Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
J’avoue mon péché mignon. Je suis un adepte d’un jeu sur Facebook appelé « Criminal Case ». Mon cheminement à résoudre des crimes m’amène à cette étape où des robots menacent la paix sociale. Je viens de résoudre un cas où le robot a assassiné son créateur car ce dernier lui avait donné le pouvoir de raisonner. Je suis actuellement sur un cas où la mairesse est assassinée et les indices s’orientent vers un choix politique pour donner plus de liberté aux robots. Ces derniers peuvent non seulement raisonner, ils peuvent aussi s’auto réparer. Imaginons l’idéologie. Les robots ne revendiquent aucun salaire, ils peuvent travailler vingt-quatre sur vingt-quatre sans s’épuiser. Qui est l’auteur du crime, les robots qui veulent revendiquer ou les humains qui se sentent laisser pour compte au profit des robots?
Le propos est-il exagéré dans un blogue sur la spiritualité? Je n’en suis pas certain quand on considère l’importance que l’on donne aux gadgets électroniques liés à notre quotidien. J’ai longtemps cru que la lettre «I» liée à nos iPhone, iPod signifiait «Internet». Erreur! C’est lié au mot «Intelligent ». Nous parlons donc de téléphones intelligents. Mais pouvons-nous réellement transmettre à nos inventions électroniques l’intelligence à laquelle on a toujours défini la nature humaine par rapport au règne animal? Comment l’homme peut-il se définir afin de se différencier de ses inventions électroniques?
L’homme est foncièrement un être capable de spiritualité. Il est le seul dans toute la création doué d’une telle capacité. Si, dans les scènes imaginaires de mes jeux électroniques le robot peut tuer l’homme tant que son créateur, est-ce là le message que l’homme est aussi capable de tuer Dieu qu'il ne croit plus comme son créateur? Mais comment définir la spiritualité pour lui donner des propriétés uniques au genre humain?
La spiritualité comprend trois éléments uniques à l’humain. De toute la création, il est le seul capable d’une inspiration, d’une intuition et de créativité. C’est la peinture qui entre en relation avec son peintre. C’est la sculpture qui établit un rapport avec le ciseleur qui lui a donné forme à partir d’une matière brute. C’est la musique qui rencontre l’âme de celui ou celle qui lui a apposé une note qui l’harmonise avec la symphonie de l’orchestre. Ce sont les mots d’une chanson qui rencontrent l’âme de son parolier. Une œuvre n’a pas le droit de tuer son créateur. Pourquoi le ferions-nous avec le Dieu de l’amour et de la Vie qui nous a conçus à son image et à sa ressemblance? Est-ce possible que l'amour qui nous habite et la vie qui nous anime n'aient pas de source?
Que nous soyons entourés de gadgets qui semblent nous soulager de nos obligations de vigilance; que ce soient tous ces capteurs électroniques qui sécurisent nos balades en voiture ou qui nous facilitent notre manière de vivre, l’humain n’a pas le droit de se croire inférieur à sa créativité informatique. Il n’a pas non plus le droit de se sentir moindre ou assujetti à ses inventions éphémères. La vie qui nous a été octroyée n’est pas un jeu. Nous avons le devoir de l’équité pour une justice sociale ajustée. Nous avons le devoir de prioriser nos relations humaines car le Dieu de notre foi est d’abord relationnel. Là est le sens de la Trinité Divine que l’on retrouve en le Père, le Fils et l’Esprit-Saint. L’humain est essentiellement relationnel. J’aime croire ce que j’annonce à la fin d’une cérémonie religieuse des funérailles. «Un jour, nous ressusciterons et nous verrons Dieu face-à-face et nous reconnaîtrons ceux et celles qui nous ont manifesté Dieu dans leur manière de vivre.» Mais pour rencontrer de tels manifestants de Dieu dans ma vie, il me faut d’abord fermer mes instruments informatiques qui me donnent l’illusion d’une fraternité qui n’existe réellement pas.