Le monde va mal. Le monde a mal. En Europe, les migrants occupent tout l’espace des médias de l’information. Les repères des valeurs de base qu'ils sollicitent sont brimés. Les frontières géographiques ne délimitent plus la souffrance et le mal de vivre à un territoire déterminé.
La foi est fondamentale. Mais la foi en Dieu n’est possible que si notre conviction repose d’abord sur l’être humain. La liberté des uns dépend des responsabilités des personnes en pouvoir de légiférer les lois qui libèrent. On a vu qu'un ex-journaliste peut assassiner deux anciens collègues en directe sur les ondes de la station de son ex-employeur. Le terrorisme lié au mal de vivre se jumelle et se nourrit au besoin de publicité, même si cela impose une tuerie en bonne et due forme. Où allons-nous comme société?
Le Canada n’est pas exempt des misères du monde. Des migrants peinent à se frayer un chemin dans les dédales de l’immigration de nos structures gouvernementales. Les employés immigrants n’ont pas leur dû et les employeurs qui les accueillent et qui comptent sur cette main d’œuvre chevronné venue d'ailleurs et qui voient leurs profits en péril par les mêmes structures. De quoi sommes-nous victimes au juste, du véritable terrorisme ou de ce que nous en disons?
Nous sommes victimes d’une société qui se dit démocratique alors que son pouvoir monétaire le rend esclave de ses rêves impossibles. L’humain sera-t-il éternellement un esclave de ses découvertes technologiques? Devra-t-il s’assujettir à ce point qu'il devra se limiter à ne rêver qu’aux projets des autres? Comment faire confiance en la vie que c’est celle-ci qui semble être au cœur de sa misère?
Ma foi repose sur une réalité intemporelle. La divinité veut faire alliance avec l’humanité pour la conduire à une dignité unique à la race humaine parmi toute la création. Seul l’homme est capable de Dieu. Selon la manière qu'il accueille la grâce, l’Alliance universelle avec toute l’humanité lui assure la survie ou le péril de la création dont il est à la fois issu et maître.
J’admire les autochtones du Canada. On a voulu les assimiler et les anéantir à un point tel que le pape François parle de génocide cultuel. Ils ont accepté de parler une langue qui leur était étrangère et adhéré à des valeurs qui n’étaient pas la leur. Mais ils ont maintenu leur spiritualité et ils ont su sauvegarder leur langue dans les foyers. Quand nous les voyons dans des rassemblements à grands déploiements, ils ne se gênent pas de porteur leur coiffure traditionnelle et chanter leur chant ancestral en utilisant leur tamtam dans leur langue d’origine.
Que gardons-nous de la tradition religieuse de nos ancêtres et des anciens canadiens français qu'ont été nos parents? Nous voulons parler à la française comme si les canadiens français de jadis et les patriotes du temps n’auraient jamais existé. Pouvons-nous nous enraciner dans notre héritage que nous renions à notre culture actuelle avec les valeurs de nos ancêtres à vivre autrement?
L’Église Catholique du Québec et du Canada est appelée à un avenir dont on ne connait pas les paramètres de ses limites. Mais dans quelle tradition et dans quel vocabulaire devons-nous mettre en valeur le charisme qui nous distingue comme peuple et société? Dieu a créé l’humanité à sa ressemblance comme l’homme a fait sa technologie à son image. Les rêves humains se configurent maintenant aux applications de son dernier iPhone. Mais l’humain ne sait plus communiquer avec ses semblables pour engendrer des relations constructives. Il en souffre mais il a malheureusement appris à camoufler cette souffrance dans un faux fuyant selon ses illusions informatiques et technologiques. Il ne raisonne plus comme un être autonome et libre, il résonne du déjà entendu comme pour s’en dissocier. C’est le problème des autres, la société c’est la divergence des valeurs personnelles au détriment du bien commun pour le commun des mortels. Mais existe-t-il un bien commun pouvant rassembler la gente des humains sans distinction?
Il faut une rencontre personnelle et privilégiée avec la personne de Jésus Ressuscité. C’est là l'inspiration avec laquelle l’humain bâtira l’Église à partir de ses relations humaines. L’Église ne concerne pas que les autres et ses autorités en place. Chacun individuellement en fait partie selon les charismes reçus à son baptême. Mais une telle rencontre initiale capable de transformer une vie ne ressemble en rien aux applications accessibles disponibles sur son dernier gadget électronique.
«L’Amour n’est pas aimé» chantait François d’Assise. Ce chant est encore d’actualité. L’amour est humain et non technologique. L’amour a aussi une source primaire au-delà de toutes les perceptions humaines. Nous aimons nos animaux et nos gadgets et nous tenons à ce que nos idées influencent les décisions. Ces éléments constituent la perdition de nos ambitions comme un fantasme fluide inavoué. Seule une véritable spiritualité ancrée dans des valeurs solides, tant elles ont été mises à l’épreuve, peut assurer notre salut comme individu et comme collectivité.
Oui, le monde crie son mal de vivre mais ce crie ne nous atteint plus tant nous sommes devenus sourds aux appels du monde qui crie vers son Dieu. Et il n’y a pas de pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre. Comme le disait un bon ami; «Un universitaire qui ne lit jamais n’en connait pas plus que celui qui ne sait pas lire.» Il en va de même pour la foi. Il n'y a pas plus athée qu'un croyant qui ne prie jamais. On a tellement hâte d’être morts pour être heureux que l’on fait le mort ambulant pour ne pas être déçu. Est-ce une répétition d’une scène de théâtre à une grande première? Peut-être. Mais quelles sont les chances que cette grande première ne deviennent pas l’ultime dernière?
Oui, il nous reste une Église à bâtir. Mais non sans avoir d’abord fait la rencontre de toutes rencontres, celle qui change le monde et ses perceptions. Comme l’écrivait une dragonne : «La vie est comme une échelle. On ne peut pas la gravir tout en gardant ses mains dans ses poches.» Merci Danièle Henkel.