Dans la profession de foi du symbole des Apôtres, il est écrit : « Est descendu aux enfers. » J’ai toujours cru que Jésus y était descendu pour offrir la conversion et le salut à toutes les générations qui l’ont précédé depuis la création du monde et qui n’avaient pas eu la chance de connaître sa mission messianique de leur vivant. Déjà là c’était une marque d’une grande générosité d’un Dieu dont l’Amour englobe toutes les générations. Mon expérience d’intervenant en toxicomanie m’a aussi permis d’être témoin de ces descentes aux enfers de l’alcoolisme, des drogues et autres dépendances.
Les enfers existent et il faut l’écrire au pluriel tant il y a diverses facettes. Je suis à cette étape de ma croissance spirituelle où je suis à le nommer au cœur même de ma vie. C’est héritage issu du sein de ma mère telle une tradition lointaine qui ne veut pas s’estomper. Entendons-nous. Je suis né d’une mère dépressive et l’époque de ma gestation s’est imprégnée dans tout mon être. Ça s’est enraciné en moi sous la forme d’une insécurité chronique. Oui, je suis perpétuellement en manque de sécurité. C’est là le boulet que je traîne à la cheville depuis le jour de ma naissance. Serait-ce là le péché des origines que le baptême est censé effacer? Je suis rendu à l’étape où j’ai à décider ce que je veux en faire de ce sentiment d’insécurité. Est-ce que je vais le laisser m’anéantir ou vais-je l’offrir à Dieu dans une démarche de conversion profonde?
Que de sessions de croissances, de relations d’aide et de psychothérapies pour saisir et comprendre cette réalité telle une hantise obsessionnelle! Est-ce là le sens du « ne nous soumet pas à la tentation » du Notre Père? Et si c’était le cas? C’est une tentation que celle de croire en mes peurs tel un héritage imposé à une tradition familiale encadrée dans une culture qui soit passée du culte divin de nos ancêtres au culte mondain des générations présentes et à venir. Cette gangrène émotive est comme un mal de vivre dont on ne semble jamais en guérir. On voudrait tellement la pelleter dans la cours des générations émergentes, venues d’ailleurs ou issues de notre sang, dans le seul espoir qu’on lui trouve une solution définitive. Est-ce une pensée magique que de croire qu’on s’en sortira un jour?
Quand je regarde ce sentiment que j’ai toujours voulu éviter, j’ai l’impression de regarder dans un miroir où se reflètent les échecs de ma vie. C’est un péché toujours présent qui m’amène à douter de ma prière et de ma relation à Dieu. Maintenant je comprends le pourquoi du comment des choses. Je suis présentement à vivre la 5e étape des alcooliques anonymes : « Nous avons avoué à Dieu, à un autre être humain et à nous même la nature exacte de nos fautes. » Oui, mes fautes sont nombreuses mais elles sont toutes reliées par une seule nature, soit la peur d’avoir peur dans une insécurité profonde. Maintenant que je l’ai nommée comme pour mieux l’apprivoiser, j’en fais un don à Dieu. C’est ce coin sombre de mon « oui » inconditionnel don par le Léandre Lachance dans ses allocutions intérieures publiées dans ses volumes « Pour le Bonheur des Miens, Mes choisis. » Je fais mienne cette Parole au numéro 75 de son premier volume.
« Mon tout-petit, laisse-toi aimer. Tu n’as rien à craindre car Je t’ai dit que tu avais trouvé grâce à Mes yeux. Je prends en main toutes tes affaires et tes préoccupations. Je les fais Miennes parce que tu M’as tout donné et tu M’as donné ton consentement total et sans condition.
N’oublie jamais que Je suis le Dieu de l’impossible. Ce n’est pas parce que Je prends un chemin différent pour toi que Je ne te conduis pas au bon endroit. C’est tout simplement que ta mission est différente.
Ayant donné ton « oui » et le répétant continuellement, tu deviens l’Amour, non pas par tes mérites ou par le temps que tu y consacres, mais uniquement parce que l’Amour t’aime, parce que Je t’aime.
Ce matin, Je veux te donner des grâces particulières afin que tu sois plus certain de Mon Amour, accepte-les.
C’est en acceptant Mon Amour que tu deviens l’Amour. Sois sans crainte, laisse-toi devenir l’Amour.
Je place Mon Cœur contre le tien; Je le brûle au Feu de Mon Amour Feu.
Comme Je t’aime. Tendrement, Je t’aime. »
En conclusion, j’inclus dans mon « oui » à Dieu, la nature exacte de tous mes torts qui constitue cet Enfers dont je ne peux me débarrasser. Qu’Il vienne y mettre Sa Lumière pour que la vie rejaillisse à même mes cendres. Quand je verrai Jésus, je pourrai lui dire : « Tu es descendu au fond de mes Enfers pour que j’aie part à résurrection. » Mais pour aujourd’hui, je suis prêt à Lui dire en toute vérité: « Me voici Seigneur. Je viens faire TA volonté. »
Amen.