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Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

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Les «actes» de ma mère

Les «actes» de ma mère
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Enfant, j’aimais prier avec ma mère. Elle terminait toujours sa prière par des «actes» tels que acte de foi, acte d’espérance et acte de charité. Je me demandais toujours pourquoi ces prières s’appelaient «actes». J’apprendrai plus tard que ces «actes» étaient en fait les vertus théologales. En fait, la foi, l’espérance et la charité ne se mesurent que dans l’action. Il en va ainsi pour l’acte de contrition. Un véritable regret doit se transmettre à travers l’action. Autrement, ce ne sont que d’autres balivernes. La foi véritable se définit-elle dans son qu'on en sait ou dans la manière qu'on la pratique?

On m’a demandé si c’était nécessaire pour moi de publier le texte mon «oui» inconditionnel. Non, cela n’était pas nécessaire mais il est néanmoins important pour traduire dans mon écriture des actes à l’image de la prière de ma mère. Si la théologie enseigne de beaux discours sur la foi, les actes sont sans contredit des actions concrètes et signifiantes. J’ai écrit pour les parents sans travail qui s’inquiètent de ce qu’ils vont donner à leurs enfants. J’écris pour ceux et celles qui ne prennent pas de vacances tant ils arrivent à peine à boucler leur fin de mois. J’ai écrit pour tous ces parents qui doivent dire «non» à leurs enfants à cause du manque de finance. J’ai écrit pour tous les grévistes et les lockoutés qui se sentent isolés et oubliés dans leur revendication. Non, je n’écris jamais pour rien car je n’écris jamais pour moi.

Ma formation théologique, mon stage pastoral qui m’a conduit à l’ordination diaconale et mon stage diaconal qui m’a amené à l’ordination sacerdotale ne m’ont pas préparé à cette expérience de prêtre-mendiant. C’est vrai que la mendicité comme l’a connu Jambe de bois des belles histoires des pays d’en haut n’existe pratiquement plus. Quand nous voyons quelqu’un quêter au coin de la rue, on se dit : «Tien, un autre qui ne sait pas administrer son bien-être.» Cette réaction est justifiée puisque les programmes sociaux visent justement à anéantir ce type de mendicité. Et on ne peut pas dire que le curé du roman de Georges Henri Grignon était aussi un mendiant, quoi qu’il vivait aussi de la quête et de ce que les gens donnaient pour la dîme. Il était juste et équitable que le prêtre reçoive un salaire et qu’il paie ses impôts comme tout le monde. Mais avons-nous changé pour autant notre perception des prêtres et de l’Église? Sont-ils encore des hommes sans défaut parce que hommes de Dieu? Est-il encore possible que ce qu’ils sont comme institution parle tellement fort qu’on n’entend plus l’Évangile qu’ils annoncent? Taire ma situation de prêtre-mendiant serait aussi renier ma manière de comprendre la misère humaine. Il y a des gens qui comprennent pour l’avoir lu et d’autres pour l’avoir vécu. Lesquels disent plus vrai?

Je suis de ceux qui croient que l’Église s’est distancée du peuple tant elle a plutôt cru en sa théologie qu’en l’expérience du peuple. Aujourd’hui, grâce à l’internet, le virtuel semble avoir remplacé cette théologie de nos élites intellectuelles. Mais le résultat est le même, la vie est différente entre ce que l’on en dit et la manière qu’elle est vécue.

Pour ma part, je pense vivre l’expérience de milliers et de millions de Québécois et de Canadiens qui s’inquiètent pour leur subsistance. Mes revenus sont précaires parce qu’incertains. Les paroisses n’ont plus d’argent pour m’assurer un salaire tant elles sont préoccupées par le patrimoine de leurs bâtiments. Même si légalement mon diocèse est tenu à m’assurer cette subsistance de base essentielle, j’accepte qu’il n’ait pas les moyens pour des raisons légitimes. D’une part on lui a vidé ses coffres de réserves afin de rembourser les poursuites légales qu’il ne peut contourner et d’autre part, parce que les baptisés se désengagent de leur responsabilité financière tant ils ne savent pas en quoi une telle Église les concerne.

Je suis à vivre des moments privilégiés. Je réalise que mes parents qui n’avaient aucune instruction était tellement proches de leur foi que c’est le seul héritage qui me permet mon sacerdoce dans ce qu’il a de plus significatif.

Les «actes» de ma mère sont peut-être plus vrais que les notions théologiques apprises à coup d’examen de fin d’année. Sans dissertations à faire évaluer, je suis habité d’une rédaction de foi dont j’espère qu’on se souviendra pour y avoir cru. Et qui sait. Ma mère y a peut être plus cru que mes théologiens enseignants ne le savaient. Les actes ne se comprennent pas, ils se vivent. Ça c'est plus fort que toutes les énoncés que nos diplômes peuvent justifier.

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D
C est tres beau et vrai Daniel Tout ce que tu as dit Merci xxx
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