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Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.

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La vie comme une rivière

La vie comme une rivière
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Dans l’harmonie de la nature où le vent siffle entre les arbres et qu’un parfum d’été hume la tendresse des champs, la rivière suit son cours comme si de rien n’était. Elle ne se questionne pas ses origine et ne remet jamais sa destinée en question. Vient-elle d’un lac imbu de poissons, d’un ruisseau perdu en forêt ou d’une source oubliée d’un marais? Elle ne saura le dire. Tout e qu’elle sait c’est qu’elle est. Elle coule doucement entre les roches et elle poursuit son chemin. Elle regarde le pont sous lequel elle passe comme si c’était lui le pont qui est en voyage.

Telle est la vie. Aux sources obscures et aux origines multiples, la vie coule doucement entre les roches des événements. Autant d’accrocs dans des péripéties telle une mosaïque qui n’est belle que dans son ensemble. Quelques rapides ici et là, d’autres moments d’accalmis comme pour rêver son existence. Que de poésies pour ce liquide discret qui vogue à sa mission délicate tout en abreuvant des arbres et des buissons qu’elle ne connaît pas, dont elle ne connait pas leur histoire de vie.

On passe dans la vie des gens sans trop savoir ce qu’on leur apporte. Il nous arrive d’échapper un merci au passage comme si la vie n’était que cela, un passage. Des passages tantôt étroits et rapides, tantôt larges et calmes. Dans des crevasses pourvues par la nature, elle caresse quelques poissons que le pêcheur n’a pas su capter à l’hameçon d’une perche tendue.

La rivière porte la spiritualité de la nature dans sa manière d’être. Sans questions superflues ni réponses rassurantes, elle est de son essence. Parfois claire et souvent boueuse, elle se contente d’être ce que la nature en a fait. L’homme porte la spiritualité de l’humanité dans sa manière d’être. Il a confiance en ses questions et il croit en ses réponses. Si l’homme ne se permet pas de se nourrir de ce qu’il est, il devient quelque chose à admirer, à aduler, à applaudir. Il accueille ces manifestations comme des dus au-delà de ses mérites. Il se prend pour le centre de l’.univers sans vraiment en faire partie. Mais il oublie qu’il est quelque chose tant il se croit quelqu’un.

Comme baptisé, est-ce que j’apprécie le don de la foi qui m’a été donnée sans vraiment l’avoir méritée? Je pense à mon baptême où on a voulu célébrer ma naissance. Je pense à ma confirmation qui me rappelle les choix fondamentaux de mon adolescence. Je pense à mon sacerdoce comme d’autres pensent à leur mariage comme un engagement de vie pour la vie. Certains voient leur progéniture qui fera mémoire de leurs ancêtres, alors comme une rivière, j’aurais été comme un jet de pierre dans la vie des gens au moment de mon passage.

«Ma vie, c’est le Christ» disait saint Paul. Là est ma seule espérance. Et si ce n’était pas vrai? Je n’aurai plus ma mémoire pour me rappeler ce que j’ai toujours cru. Mais il y a quelque chose d’insaisissable en nous, comme «quelqu’un qu’on ne connaît pas» selon un chant d’église de mon enfance. Que je vienne d’une source inconnue ou d’un lac célèbre importe peu. L’important c’est que JE SUIS et ce, peu importe ce que j’étais et au-delà de ce que je serai. Peu importe les méandres qui ont forgé mon existence, je remercie la vie pour les rites avec lesquels je célèbre la vie dans ce qu’elle a de plus noble et de plus grand.

Je trouve un bonheur certain dans les Eucharisties que je célèbre avec joie, dans la solitude de ma chambre ou avec une communauté de prière. Je me reconnais dans ce pain eucharistique qui a déjà été un épi dans un champ s’abreuvant de soleil et respirant le vent. Comme l’épi fauché sans sa permission, je me suis étendu de tout mon long à côté des autres que je croyais différents et autrement. Nous sommes devenus des égaux contre notre gré et c’est ainsi qu’on s’est laissé broyer pour devenir une pâte au four de la vie et de l’amour. ET un jour, Jésus se penchera sur ma vie comme je me penche sur le pain à consacrer et il dira : «Ceci est mon corps… prenez et nourrissez-vous.»

Que mon existence en ce monde soit comme ce cours d’eau anonyme qui fait sa besogne sans déranger, sans attirer l’attention. Il y a bien quelques castors qui ralentissent ma cadence, mais à chacun sa nature. L’important est de ne jamais stagner comme un étang aux odeurs douteuses.

Merci la vie de me donner un tel Dieu. Merci Seigneur de me donner une telle vie.

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