Réflexion libre sur différents sujets sociaux, culturels, religieux. Je suis disponible à répondre aux questions des lecteurs.
«Mon Dieu, donnez-moi la patience et dépêchez-vous!» disait un sage qui ne se reconnaissait plus comme tel. S’il fallait que la grâce fasse compétition à l’Internet, elle serait constamment en retard. À moins qu’elle nous attende en une dimension de l’être que le Net n’a pas encore prévue.
Ce troisième dimanche de l’avent 2010 propose une liturgie de pointe. Jean le Baptiste est en prison et il envoie ses disciples à Jésus pour lui demander s’il est celui qui doit venir ou doit-on en attendre un autre. La question est d’actualité. Est-ce que celui en qui on croit est suffisant pour les défis d’aujourd’hui? Je me suis toujours demandé pourquoi Jésus n’a pas attendu l’ère des communications sophistiquées pour se présenter au monde moderne. Fallait-il qu’il vienne à une époque où les communications étaient pratiquement inexistantes par rapport à nos réseaux de communication? Il faut se le dire en toute franchise. Il nous est possible de faire la une des médias mais uniquement dans le sens qu’ils ont déterminé. Non, Jésus ne passerait pas les médias aujourd’hui car son message ne serait pas d’actualité.
Avec le comité de liturgie, nous avons fait une démarche de pardon communautaire dans les communautés urbaines de notre paroisse agrandie. J’ai été surpris d’apprendre que certains ont vu l’expérience comme le «sacrement du pardon» alors qu’il n’en a jamais été question. Les éléments du sacrement n’y étaient pas et cela était prévu comme tel. Le décor était simple. Les fonds baptismaux étaient devant l’autel. Les prêtres avaient le dos tourné à la foule et contemplaient les fonds baptismaux comme sources de notre baptême. Comme la Phénicienne qui croyait être guérie en touchant le vêtement de Jésus, les fidèles ont été invités à venir toucher le prêtre dans le dos ou sur les épaules. Ils y déposaient leur prière, leur inquiétude des réunions de famille à venir ou leur péché. Les gens savent que je me rendrai disponible en l’après-midi du 19 décembre pour accueillir ceux et celles qui voudraient rencontrer le prêtre en privé à l’occasion de Noël.
Je ne suis nullement surpris qu’il n’est resté personne dans les bancs des églises lors de la démarche. Pour moi, c’est resituer la confiance des fidèles envers leur prêtre et ce, suite à différentes accusations fortement médiatisées qui ont fait ma manchette. Une guerre ouverte envers les prêtres et les valeurs jadis honorées est offerte dans les médias. Mais en Église, dans le secret d’une confession religieuse qui a encore sa place, les fidèles sont encore appelés à exercer la patience qu’il faut pour que la vérité se fasse dans la lumière de la vie. Les prêtres ne sont pas tous des pédophiles. Il faudra une certaine patience en Église pour comprendre cela et ce, sans les médias. Quelque chose me dit que les fidèles sont capables d’une telle patience.