La neuvaine de Sainte-Anne est commencée. Dans l'unité qui m'a été assignée, il y a une paroisse dédiée à Sainte-Anne et actuellement elle constitue le rassemblement diocésain par excellence. J'ai partagé avec le curé que l'expérience que je suis à vivre est originale par rapport à ce que j'ai vécu à Sainte-Anne du Bocage de Caraquet. Ce n'est pas mieux ou pire, c'est simplement différent.
Je suis attitré comme confesseur pour plusieurs célébrations. Je dois avouer que c'est un ministère très particulier. J'ai vécu des situations où des personnes sont véritablement habitée d'une rencontre privilégiée avec Dieu. Mais pas n'importe quel Dieu, un Dieu d'amour et de miséricorde exceptionnels. Je suis témoin de tellement de bienveillances dans la vie de ces personnes que cette expérience transforme peu à peu ma manière de vivre mon sacerdoce.
Pourtant, je ne peux me soustraire des commentaires fréquents tels que "le péché n'existe plus", "pourquoi se confier à un prêtre quand on peut parler à Dieu directement?" et combien d'autres arguments! Le péché existe encore, même si nous avons longtemps mis l'accent sur l'absolution communautaire ou collective. La culpabilité n'est pas un héritage de l'Église catholique. Elle fait partie de la nature de l'homme. Le péché n'est rien d'autre qu'un mot pour expliquer un geste ou une parole qui suscite une culpabilité qui continue son oeuvre. Pourquoi en parler à un prêtre? Dieu connait notre sensibilité. Nous avons besoin d'une parole rassurante afin que l'action de Dieu ne tombe pas dans l'anonymat des croyances magiques.
Personne n'a vraiment besoin d'avouer ses fautes à une autre personne. Mais nous avons tous besoin d'une parole qui rappelle la bienveillance de Dieu. Je réalise à quel point ma fonction de pasteur est importante pour rappeler les gestes discrets d'un Dieu qui est plus que ce que l'on peut espérer de l'Amour dont nous avons tant besoin! Dieu est Amour et sa miséricorde est de tous les instants. Il nous faut quelqu'un pour nous le rappeler.