Aujourd'hui, j'ai présidé à mes premières funérailles depuis que j'ai commencé ma nouvelle mission. Il n'y a jamais de funérailles heureuses, mais celles-ci étaient particulièrement intenses. C'est un jeune homme de 49 ans, décédé dans un accident de camion alors qu'il revenait des funérailles de son père qui avaient eu lieu quelques heures plus tôt. La liturgie catholique possède un rituel parlant quand les mots ne suffisent plus pour dire ses sentiments intérieurs. Cela a fait dire à des membres de l'équipe pastorale que j'ai un charisme réel pour de telles situations. Est-ce que je vais m'en faire une mission? Pourquoi inventer la roue dans des secteurs où je serais moins à l'aise alors qu'on me confirme dans ma manière de vivre un ministère pourtant exigant pour les moins initiés.
Ces funérailles confirment un adage appris lors de ma formation universitaire. La vie a trois source d'apprentissage; le savoir, la compréhension et la foi. Que de situations où l'on ne saura jamais ce qui s'est passé, que l'on ne comprend pas pourquoi elles se produisent. Il ne reste que la foi qui engage des gestes liturgiques pour combler le silence des mots qui manquent. L'avantage que je retire à travailler avec une telle équipe est dans la confirmation de mon être profond qui s'exprime à même les gestes liturgiques à poser dans de telles circonstances. La vie est simple jusqu'à ce que l'on s'aventure à l'expliquer. Mais la vivre pleinement, c'est laisser aux gestes une parole de vie et d'espérance à manifester au-delà de nos silences.