L’acteur américain Tom Hanks a réalisé une série de reportages portant sur le monde révolutionnaire des années 1960. Qui ne se souvient pas des hippies et des valeurs avec lesquelles on voulait changer le monde? Malgré une traduction qui laissait à désirer, j’ai aimé de reportage. Je suis sensible au rêve que ces jeunes de l’époque portaient. Ils voulaient une liberté dont leurs parents n’avaient pas eu accès. Mais est-ce que la drogue, le sexe et le rock & roll présentaient véritablement une nouvelle manière d’être heureux?
Ces jeunes de l’époque sont maintenant grands-parents. Que gardent-ils de cette époque que l’on disait révolutionnaire? À voir l’héritage légué à leurs descendants, le bonheur d’une génération ne serait-il qu’un mythe historique poussiéreux de notre légende d’un passé pas si lointain? Cette génération de baby-boomers a marqué l’histoire de l’humanité. Ils ont été les premiers à rejeter les valeurs traditionnelles des leurs parents et on s’est longtemps demandé ce qu’ils légueront à la génération suivante. Leurs revendications contre les structures socio-politiques jugées comme peu attrayantes se sont perpétuées sur plusieurs décennies. Est-ce que cette soif de liberté hippie a influencé les choix politiques qui ont mis en place un système de prêts et bourses des années 1970? Je suis de ces premières générations à avoir bénéficié de cette aide pour avoir accès aux études post-secondaires. C’est ainsi que j’ai été témoin de la vague de colocataires qui aurait pu ressembler aux communes des années 1960.
Les hippies des années soixante se sont finalement rangés dans les dogmes économiques de la finance de l’époque. Ils se sont aperçus que leurs rêves avaient un prix et qu’il fallait travailler pour se les payer. Dans la même foulée des idées modernes du temps, le système de prêts-bourses a fait en sorte que l’accès aux études post-secondaires n’était plus le luxe des biens nantis mais un droit pour tous. L’idée était de se trouver une profession bien payante, ce que l’on croyait supérieur à un métier bien rémunéré. Le temps démontrera qu’un métier de base pour rapporter plus qu’une formation académique des hautes études. Un plombier à $45,00 l’heure gagne de plus grosses paies qu’un ingénieur le chômage. On sait que ce dernier aura une dette étudiante de plusieurs dizaines de milliers de dollars avant d’acquérir un premier travail rémunérateur.
Dans le reportage dont je fais mention, j’ai été surpris du témoignage de celui que l’on disait le pape des années soixante. Il se disait un homme aux valeurs profondes avec un sens de la piété. Il en est venu à se dissocier de cette vague psychédélique où l’on entendait les couleurs et que l’on voyait la musique. Certes, il voulait se libérer des contraintes qu’avaient connues ses parents, mais pas au point de perdre le sens de la vie dans des expériences des plus ludiques! Peu importe ce que l’on peut dire de ces expériences lointaines, je suis à me demander si la liberté associée aux nouvelles technologies n’est pas la continuité de cette écran de fumée des jadis issu des plants de pot que l’on fumait à profusion. Le bonheur recherché est-il aujourd’hui plus réaliste que celui adulé avec les moyens des années soixante?
Peu importe ce que l’on peut dire des contraintes socio-politiques de nos grands-parents, les jeunes d’aujourd’hui sont plus obligés à des conditions de vie pour le moins astreignantes. Je pense à ce jeune qui vient de graduer comme ingénieur avec une dette étudiante de plus de $70 000,00. En visite chez une tante, il se présente à différentes firmes d’ingénieurs avec son C.V.. Il est refusé en entrevue en se faisant dire de communiquer via son courriel valide. Pourquoi valide? Parce que ce dernier est lié à ses réseaux sociaux et c’est à partir de ceux-ci qu’il sera évalué pour le travail. N’est-ce pas là in incursion dans la vie privée des gens? Nos grands-parents n’avaient pas de telle instruction, mais auraient-ils toléré une telle invasion de leur vie privée?
C’est dans ce contexte inédit qu’il nous faut maintenant présenter les valeurs spirituelles de notre culture religieuse. L’homme s’identifie à partir de sa spiritualité et c’est à partir de celle-ci qu’il apprendra à se situer par rapport à son avenir et au monde qui l’entoure. Si la science peut expliquer ce que les choses sont et que le comportement peut enseigner comment elles fonctionnent, seule la spiritualité peut dire pourquoi on doit s’en soucier avec sérieux. Seul l’homme est capable d’intuition, d’inspiration et de créativité. Là sont ses composantes spirituelles. Le reste n’est que des accessoires pour motiver à bâtir son bonheur.